Archives de Catégorie: 3 livres de 2012

3 livres du 2012: Flavia

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Le 2012 a été une année littéraire très importante pour moi surtout parce que j’ai pu voir la naissance du Canapé Littéraire. L’année passée Katja et moi discutions souvent du besoin de partager nos lectures avec des autres et découvrir des auteurs et des titres… et voilà que le Canapé naît et que nous pouvons finalement enrichir nos lectures !

Le bénéfice du Canapé a été soudain : je lis beaucoup plus, avec conscience et esprit critique accrus ; je connais plus d’auteurs grâce à l’écoute des participants et grâce au précieux travail bibliographique fait par les responsables de la préparation de chaque Canapé.

Grâce donc au Canapé et aux Canapéeens, j’ai lu des très beaux livres dont il m’est difficile d’en choisir trois… En excluant les livres présentés au Canapé et ceux décrits sur le blog dans le post sur les livres d’été (parmi lesquels il y a Mémoires d’Adrien de Marguerite Yourcenar qui est une des Œuvres plus importantes que j’ai lue cette année), je voudrais exposer ici les romans suivants:

« Brooklin follies » de Paul Auster. J’étais quelque peu préoccupée avant de commencer ce livre car ma précédente rencontre avec M Auster n’a pas été trop « fluide »… mais Brooklin follies est vraiment un beau roman d’espoir ! Autour du protagoniste dansent des personnages embrouillés, fatigués, parfois désespérés, qui toutefois arrivent à reprendre leurs vies en main, sortir du désespoir et du drame et essayer reconstruire quelque chose, tout comme le fait le protagoniste juste avant l’attaque terroriste à New York en 2001. Le seul point faible que j’ai trouvé, mais qui est commun à beaucoup de beaux romans, est la quantité excessive des drames : enfin ce n’est pas possible que tout cela arrive dans la même famille !

« A visit from the goon squad » de Jennifer Egan. Il a plusieurs points en commun avec Brooklin follies : c’est un roman d’espoir qui montre qu’avec le temps on peut sortir des pires drames et des pires erreurs, à condition que l’on veuille vraiment ! Comme le roman ici à haut, il s’agit d’une épopée américaine, les personnages sont entièrement des américains qui se déplacent sur des grandes distances américaines, dans la (ou les) société américaine et surtout dans le Pays Des Possibilités. Si vous aimez les drames vous ne serez déçus non plus : la réalité décrite, sexe drogue & rock ‘n’ roll, est misérable et amère et parfois dégoute… pourtant elle existe ! La caractéristique peut-être plus intéressante est représentée par le choix de narration qui demande au lecteur de reconstruire soi-même ce qui n’est pas raconté à cause de sauts de temps, d’espace et des personnages faits à chaque chapitre.

« La course au mouton sauvage » de Haruki Murakami. L’idée de base est magnifiquement et simplement absurde – un mouton qui habite des corps humains pour créer et gérer du pouvoir – mais elle se transforme dans une réflexion sur la mécanique perverse du pouvoir. Le génie est justement dans l’absurdité du binôme mouton (qu’est-ce qu’il y a de plus pacifique au monde ?)/pouvoir (qu’est-ce qu’y a-t-il de plus pervers au monde ?). La narration simple et détaillée s’accompagne à des événements toujours suspendus entre le réel et l’irréel : un plaisir pour ceux qui aiment la fantaisie et les petites surprises narratives.

Flavia

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3 livres de 2012: Marco

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Bonjour à tout le monde et bonne année à ceux que je n’ai pas encore revus! Voilà un petit aperçu des livres que j’ai aimé en 2012:

1) « Raphaël » d’Alphonse de Lamartine: ce classique de la littérature française m’a vraiment plu! Lamartine décrit l’histoire de Raphaël (en réalité l’écrivain même) qui tombe amoureux d’une jeune femme mariée pendant leur séjour sur un lac suisse. Ce roman représente un des livres pour comprendre le Romantisme et l’esprit de l’époque sur la représentation des sentiments (en particulier, l’amour) à travers lesquels on voyait et vivait la réalité. L’écriture est recherchée mais fluide et on est vite pris par l’histoire d’amour des protagonistes. Un classique qui ne peut pas manquer dans votre bibliothèque!

2) « Sense and sensibility » (« Le cœur et la raison« ) de Jane Austen: un autre classique, mais de la littérature anglaise. Ce roman décrit l’histoire de deux sœurs de la classe bourgeoise anglaise, dont l’une agit en suivant seulement sa rationalité et les conventions sociales, tandis que l’autre représente l’action  basée sur les sentiments. Suite à différents épisodes d’amour, il y aura un glissement des attitudes des deux sœurs. Austen nous dit-elle que l’attitude meilleure pour vivre la vie se trouve au milieu? Si vous voulez découvrir la réponse, lisez-le!

3) « Guerra agli umani » (« La guerre contre les humains« ) du collectif Wu Ming: ce nom désigne en réalité un collectif d’écrivains italiens « alternatifs ». Le roman parle d’un jeune homme qui décidé de fuir sur les montagnes italiennes pour fonder une nouvelle civilisation troglodyte. En ligne avec leurs décisions de céder leurs droits d’auteur, les écrivains mélangent des réflexions assez pointues sur notre civilisation occidentale (immigration, société de consommation de masse, rapport travail-homme, etc.) en les mélangeant à la résolution d’un mystère (disparition d’un chien) et à une histoire d’amour. A lire par tous les passionnés de la « critique sociale »! P.S: le titre est tiré d’un roman de Krott.

Au plaisir de vous revoir au prochain canapé!

Marco

3 livres de 2012: Barbara

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MES BOUQUINS 2012

L’année 2012 a été un voyage à la découverte de moi-même…de ces endroits de mon être dont je ne pensais pas posséder ou encore être capable de découvrir….

1) En restant dans le thème du voyage, mon bouquin 2012 par excellence a été de Tiziano Terzani “La mia fine é il tuo inizio”….M. Terzani atteint d’une maladie grave raconte à son fils toute sa vie.

Ce n’est pas seulement un bouquin de voyage. C’est un bouquin qui raconte le voyage dans l’âme de Terzani : « Ce qui est dehors on peut le trouver aussi dedans. Et ce qui n’est pas dedans alors on ne peut pas le trouver nulle part ailleurs. Pour cette raison voyager est inutile. Si on n’a rien dans notre âme, on ne trouvera jamais quelque chose dehors. C’est inutile de rechercher dehors ce qu’on ne trouve pas dans nous-mêmes ».

2) Comment ne pas tomber amoureux du petit Momo et de la formidable Madame Rosa de la “La vie devant soi” ? moi j’ai craqué… C’est à Belleville, au 6ème étage sans ascenseur, chez Madame Rosa, une vieille juive qui a connu Auschwitz, et qui autrefois se défendait[1] rue Blondel, que se passe cette histoire. Elle a ouvert “une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers”, autrement dit une cache clandestin où les dames qui se défendent “abandonnent plus ou moins leurs gosses”. Momo, 10 ans plus ou moins, raconte sa vie chez madame Rosa et son amour pour la seule maman qui lui reste, cette ancienne respectueuse grosse virile laide sans cheveux et qu’il aime de tout son cœur. Presque autant que son “parapluie Arthur”….

3) Et le troisième livre, je l’ai choisi car il y en a qui aiment et qui détestent… Moi j’aime! Je dois dire que son écriture n’a rien de Camus ou de Nick Horby non plus… Mais ça détend, ça amuse et il y a des moments où il faut juste que le temps passe… C’est pour ça que je vous conseille un bon verre de Crogiolino d’Asti avec “Le prime luci del mattino” de Fabio Volo… Une histoire de femme qui pourrait être arrivée à tout le monde, qui fait pleurer, rigoler et un petit peu rêver aussi…..

Barbara


[1] Se prostituer

3 livres de 2012: Johannes

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1. John Dos Passos : « Manhattan Transfer » (1925)

Un classique de la littérature moderne, qui ne raconte pas une seule histoire, mais dresse le portrait de la ville de New York, au premier quart du XXe siècle, à travers les histoires de vie individuelles de plusieurs personnages, très peu liées entre elles. Ainsi, c’est la ville elle-même qui peut être considérée comme personnage principal. Le style de la narration est inspiré par le « stream of consciousness » de Joyce, et l’écriture reflète également les erreurs de langage et accents étrangers de certains personnages. Livre intéressant, qui m’a pourtant semblé un peu long de temps en temps et pas toujours facile à lire à cause de l’absence d’intrigue continue.

2. Daniel Kehlmann : « Ruhm » (2009) – titre français : « Gloire »

« Gloire » est le premier livre de Daniel Kehlmann, 37 ans, après son succès mondial « Les Arpenteurs du monde », qui a fait de lui une vraie vedette de la littérature allemande. Il s’agit d’un « Roman en neuf histoires », tel le sous-titre. Les histoires sont faiblement liées, puisque certains personnages principaux apparaissent dans d’autres histoires comme personnages secondaires, et puisque certains événements s’y expliquent. Deux motifs sont récurrents : d’un côté, la gloire ou plutôt la célébrité, le fait d’être connu avec toutes ses conséquences, de l’autre côté l’usage des nouveaux moyens de communication, à savoir le téléphone portable, l’ordinateur et internet. Surtout grâce à ces derniers éléments de modernité, drôlement absents dans une grande partie de la littérature contemporaine, je considère ce livre comme très réussi (alors que la réception critique était mitigée).

3. Christian Kracht : « 1979 » (2001) – titre français : « Fin de Party »

Une fantaisie d’auto-anéantissement d’un auteur germano-suisse très intéressant. Le narrateur se trouve, avec son petit ami, à Téhéran, en 1979, où il participe aux fêtes d’un milieu toxicomane. Après que son copain meurt dans des conditions pitoyables, et que la révolution islamique éclate, et le narrateur part, suivant un conseil absurde d’une connaissance, à faire un pèlerinage au mon Kailash au Tibet. Là, il est arrêté par l’armée chinoise et interné dans un camp de redressement maoïste. J’avais déjà lu le premier roman de Christian Kracht, « Faserland », et je continuerai de lire cet auteur. Ses textes sont concis et frappent pourtant par leur style précis. Ses personnages vivent une vie complètement hédoniste constituant ainsi un portrait intéressant de la société d’aujourd’hui. Dans « 1979 », ils sont perdus entre des idéologies qui ne représentent rien pour eux.

Johannes