Bande dessinée: la révolution du roman graphique – Introduction

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« La seule chose que je regrette dans ma vie, c’est de ne pas avoir fait de bande dessinée. »

Pablo Picasso

Si Pablo Picasso a regretté de n’avoir jamais exprimé son art au travers de la bande dessinée, les enfants que nous avons été un jour auraient très certainement regretté de ne pas en lire. Européens que nous sommes, nos jeunes années ont presque toutes été bercées par les albums franco-belges qui se trouvaient dans la bibliothèque de nos parents, tels que « Tintin », « Astérix », « Lucky Luke », ou encore nos yeux émerveillés à la réception hebdomadaire de notre « Journal de Mickey ». Le temps emporte avec lui le rire des enfants (et le Mistral gagnant ?) mais certainement pas ses premiers amours pour les histoires imagées. Les années ont filé et certains d’entre nous ont découvert un type de bande dessinée offrant un nouvel univers, de nouveaux héros, de nouvelles séries abordant des thèmes auxquels nos vies d’adultes trépidantes pouvaient davantage s’identifier et qui nécessitaient une lecture plus attentive et plus exigeante : le roman graphique.

Historiquement, le terme de « Graphic novel » nous vient des Etats-Unis et est utilisé dans un premier temps pour différencier un type de bande dessinée qui n’est pas un comic book classique de super-héros. Certains auteurs souhaitent alors utiliser la narration et le graphisme pour évoquer des préoccupations heureusement moins enfantines qui se nichent, parfois hélas, dans notre quotidien d’adultes telles que la violence, la politique, la souffrance, la nostalgie etc. On considère Will Eisner comme l’auteur d’avant-garde du roman graphique. Avec « A contract with God », il offre un ouvrage mêlant histoire vécue, souvenirs d’enfances et fiction destiné à un lectorat adulte et installe une véritable rupture avec les comics traditionnels tels que Peanuts, Blondie, Dick Tracy etc.

En France, le terme de roman graphique apparaît également dans les années 70 sous l’influence états-unienne avec « La ballade en mer salée » d’Hugo Pratt. Il s’impose à la fin des années 90 lorsque des éditeurs tels que « l’Association », « Cornélius » ou « Les Requins marteaux » se posent dans une différenciation nette par rapport aux traditionnels albums de bande dessinée franco-belge en s’éloignant des standards conventionnels (couverture fine et rigide, 48 pages, destiné à un lectorat plus jeune) et en offrant un modèle moins fermé (couverture épaisse et souple, pagination libre, noir et blanc et abordant des thèmes considérés comme plus adultes).

Très vite cependant, le roman graphique cesse de rentrer dans une case stricte et bien définie dans laquelle nous pourrions facilement le ranger. Beaucoup de romans sont désormais considérés comme graphiques sans qu’ils ne répondent aux critères initiaux et il y a évidemment un aspect marketing derrière tout cela (les libraires espérant toucher un public plus large en affichant comme romans graphiques des bandes dessinées qui, pour certains, ne le sont pas forcément). En outre, le roman graphique peut répondre à des définitions diverses et variées selon la zone géographique, l’histoire et la sensibilité de chacun. Nous pouvons toutefois tenter d’identifier des similitudes entre tous les ouvrages et fournir ici notre propre définition du roman graphique.

Pour nous, le roman graphique c’est avant tout une bande dessinée offrant un graphisme soigné, sans réelle contrainte de format qui aborde soit des thèmes intimes (histoire vécue, journal, carnet de voyage, autobiographie etc.) soit des récits de fiction, avec ou sans aspect humoristique mais toujours avec une ambition littéraire et destiné à un public adulte. Néanmoins, penser le roman graphique comme une bande dessinée plus authentique au style supérieur que celles que nous avons connues dans notre enfance serait une erreur. Le roman graphique est avant tout un art double, la rencontre entre deux arts que sont la littérature et la bande dessinée, un mélange opportun qui permet de réconcilier nos préoccupations d’adultes avec nos âmes d’enfants, celles-ci ne se trouvant jamais très loin 😊.

Vous trouverez ci-dessous une liste de lecture non exhaustive des différents genres souvent retrouvés dans les romans graphiques. Bonne lecture !

 

Marine & Stéphane

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