Archives Mensuelles: mai 2017

Séance 45: Migrations

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Notre chère petite planète a dû voir beaucoup des choses bouger, changer de place, migrer. Les animaux migrateurs par example sont nombreux : des poissons aux oiseaux, à certains mammifères ; il existe même des papillons migrateurs !

L’homme, qui est toujours un animal, migre aussi. Depuis que nos deux pattes ont touché cette terre, on a commencé à se déplacer sans jamais s’arrêter et, en partant du cœur de l’Afrique, on est arrivé à peupler toute la terre. Personnellement, j’ai toujours trouvé cela magique, que l’homme est arrivé à traverser des mères immenses, des montagnes escarpées, des steppes arides, sans la technologie d’aujourd’hui, pour aller habiter simplement partout sur cette terre. Et oui, on l’a bien chatouillé cette notre chère terre avec nos deux petites pattes !

J’imagine un groupe d’hommes et femmes primitifs qui décide de laisser la communauté pour aller ailleurs. Pour quelles raisons ? la famine, des luttes internes, besoin de plus de terres ou d’un enivrement plus favorable, l’exile, la peur, la curiosité et l’instinct de recherche que seule l’homme a et qui le rend un animal assez spéciale. Des raisons différentes ont donc poussé les hommes à migrer mais j’y vois un élément commun, c’est-à-dire la communauté, le groupe. La communauté, ou une partie d’elle, décide d’aller chercher un autre endroit pour vivre. Ils prennent leurs familles, leurs simples outils, les armes pour la chasse et vont à l’encontre de l’inconnu.

Le mouvement ne s’est pas arrêté et aujourd’hui hommes et femmes continuent à bouger afin d’améliorer leurs vies. Les raisons ne sont peut-être pas très différentes de celles du passé ancestrale : le besoin de travailler, le manque de nourriture, la famine et les catastrophes naturelles, les guerres, l’exile, la peur et l’espoir, et finalement cette curiosité, cette envie de découvrir l’inconnu. Le choix de migrer par contre n’est plus seulement au niveau de la communauté ou du groupe mais, à mon avis, individuel ou familiale.

C’est sur ce dernier point que je vous propose de se concentrer pour la prochaine séance : les choix, les difficultés, les histoires personnelles. Bien évidemment la migration est un phénomène social très large et je ne vous demande donc pas de mettre à côté la dimension sociale/politique/économique, mais plutôt de la voir comme l’arrière-plan, la scénographie des histoires personnelles. Je voudrais donc que, lors de notre rencontre, on discute des individus et leurs histoires. Lors de la séance vous serez donc appelés à vous identifier avec le protagoniste de votre roman et le laisser parler à travers vous !

La littérature a abordé ce sujet de plusieurs points de vues ; il existe beaucoup des titres, dans toutes les langues, des tous les pays. Pour cette bibliographie, je me suis concentrée sur des œuvres en français mais je n’ai pas exclus quelques peu de titres en anglais et italien, même si dépourvus de traduction française. Plusieurs titres sont récents et signés par des auteurs immigrés ou originaires des endroits du monde différents de ceux desquels ils habitent. Toutefois, je vous invite, si vous avez envie, à découvrir des histoires du passé, de quand on quittait l’Europe pour aller chercher sa chance ailleurs – histoire de se souvenir que l’Europe a été, et parfois est encore, une terre d’émigration !

Les premiers deux livres de la liste sont parmi les 12 gagnants du Prix de littérature de l’Union européenne qui, depuis 2009, récompense les écrivains émergents en Europe: https://ec.europa.eu/programmes/creative-europe/actions/literature-prize_fr

Avant de vous souhaiter une bonne lecture, je voudrais vous demander d’intégrer cette liste avec vos suggestions en commentaire à ce post !

 

The Year of the Runaways, Sunjeev Sahota (disponible en anglais)

Δενδρίτες (Dendrites), Kallia Papadaki (disponible en grèque)

Madame Bâ, Erik Orsenna

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

Middlesex, Jeff Eugenides

Leo l’Africain, Amin Malouf

Persepolis, Marjane Satrapi (roman graphique)

How the Garcia girls lost their accent, Julia Alvarez (disponible en anglais)

Le Grand Quoi. Autobiographie de Valentino Achak Deng, Dave Eggers

Ulysse from Bagdad, Eric-Emmanuel Schmitt

Désorientale, Négar Djavadi

Eldorado, Laurent Gaudé

Des fourmis dans la bouche, Khadi Hane

Lyuba ou la tête dans les étoiles, Valentine Gobi

Mémoires d’immigrés, Yamina Benguigui

Droit du sol, Charles Masson (roman graphique)

La mer, le matin, Margaret Mazzantini

Partir, Tahar Ben Jelloun

Le ventre de l’Atlantique, Fatou Diome

Adua, Igiaba Scego (disponible en italien et traduction anglaise)

L’ultimo arrivato, Marco Balzano (disponible en italien et traduction allemande)

Le gang des rêves, Luca di Fulvio

Signes qui précéderont la fin du monde, Yuri Herrera

 

Toutefois, mes livres préférés sur ce thème sont ceux que j’achète en été sur la plage en Italie; des immigrés de toute partie du monde mais surtout venant d’Afrique, marchent pour toute la journée sur la plage sous une grande chaleur en offrant des marchandises différentes : il y en a qui vend des lunettes de soleils et des sacs, des serviettes de plage et des ballon, et il y en a aussi qui vend petits livres ; il s’agit des livres d’éditions indépendantes écrits par d’autres immigrés qui racontent leur histoire personnelle d’émigration et intégration en Italie, ou les légendes des leurs pays, ou les histoires que leurs mères leur racontaient quand ils étaient enfants. Cette séance est dédiée à ces livres, ces histoires et ces personnes.

 

Bonne lecture

Flavia

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