Archives Mensuelles: mars 2016

Séance numéro 37: La métaphysique de la ville

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Je commencerai cette introduction par un concept assez banale: la ville recueille une grande quantité d’êtres humains, c’est pour ça que elle est un concentré des passions les plus différentes et les plus puissantes. La rage, le chagrin, l’amour, la joie, la haine, la tristesse, le désespoir se déclinent dans des combinaisons aussi nombreuses que les hommes qui y habitent.

Dans la littérature, la ville est parfois une simple scénographie où se déroule une histoire ; parfois ces sont les personnages qui tournent en rond pour raconter l’histoire d’une ville imaginaire qui n’existent que pour 100 ans : la Macondo de « Cent ans de solitude » par example. D’autres fois la ville devient personnage vivant et complexe elle-même. Pensez à la Paris de Flaubert dans « L’Education sentimentale » où la foule, les barricades, les rues et même les petits appartements des étudiants pauvres font part de l’histoire et agissent en ensemble avec les protagonistes en les éloignant ou en les aidant vers les désirs. Dans « Le livre noir » de Pamuk, une Istanbul philosophique cache secrets mystérieux, passés oubliés, des drames inavoués et personnes aimées.

D’autres fois, la ville est protagoniste elle-même et l’homme n’est qu’une comparse, une petite fourmi qui s’acharne pour trouver un sens à une ville qui est la ville parfaite, idée de la ville dans le monde des idées, miroir parfait de l’âme humaine et da la imperfection humaine, comme les villes invisibles de Calvino ou la ville des Immortèles (« L’Immortèle » de Borges) qui, en contact avec la ville aux architectures horriblement parfaites, se sont éloignés du monde physique et ont perdu l’usage de la parole, en devenant comme ça des abroutis.

Pour ce Canapé, je vous propose de réfléchir à la ville en tant que lieu métaphasique, miroir parfait (ou bien imparfait, à découvrir) des imperfections humaines, des passions, de l’intelligence, de la pourriture, de la magnificence dont l’être humain est capable. Grace à votre lecture (et celles du passé), je voudrais vous demander de construire votre idée de ville, votre ville métaphasique, celle qui n’existe que dans le monde des idées, celle qui pourrait faire partie des villes invisibles à raconter à Kublai Khan. Si votre choix de livre n’est pas conforme avec votre ville idéale, vous pourrez vous en servir par opposition ou comparaison. N’hésitez pas à écrire deux ou trois lignes (pas dix tomes de 500 pages mais deux ou trois lignes !) avec les caractéristiques de votre ville idéale, ou à tracer sur un papier le plan de cette ville, ou bien à remmener un objet, une photo de ce que pour vous représente la cité invisible. Après ce voyage parmi les idées, il faudra retourner sur terre… et pour cela faire, il faudra qu’à partir de votre cité invisible, vous choisissez une ville réelle qui se rapproche à votre métaphysique.

J’espère que vous vous amuserez avec ce petit jeu d’abstraction ! et ne vous inquiétez pas, je vais vous aider lors de la séance ! Merci de trouver ici quelques idées de lecture – très peu d’ailleurs – mais comme toujours je compte sur vos suggestions à ajouter en commentaire à ce post.

Bagheria, Dacia Maraini

Costantinopoli, Edmondo De Amicis

Istanbul, Orhan Pamuk

La scène londonienne, Virginia Woolf

La trilogie new-yorkaise, Paul Auster

L’Education sentimentale, Flaubert

Le livre Noir, Orhan Pamuk

Le ventre de Paris, Emile Zola

Les gens de Dublin, James Joyce

Les villes invisibles, Italo Calvino

L’Immortel, nouvelle paru dans l’Aleph, Jeorge Luis Borges

Lisbonne, Fernando Pessoa

Nouvelles de Pétersbourg, Nicolas Gogol

Romanzo Criminale, Giancarlo De Cataldo

Rue des boutiques obscures, Patrick Modiano

Secrets parisiens, Joseph Kessel

Storie dalla città eterna, plusieurs auteurs

Utopie, Thomas More

Zazie dans le metro, Rauymond Queneau

 

Bonne lecture

Flavia

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