Archives Mensuelles: février 2016

Quelques suggestions pour évaluer les romans

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L’écrivain norvégien, Jan Kjærstad a récemment proposé quelques critères pour réflechir (voir évaluer) les romans… (dans le journal Information du 30.1.16). Je les a trouvé intéressantes et avait alors envie de vous les proposer pour la prochaine Canapé (sans obligation aucune!). Voici les cinq critères, avec une très courte description ainsi que des examples du livres donnée dans le text du Kjærstad:
1. La capacité du roman de poser des questions pertinentes (spørgekraft): la force de son réflexion, sa force cognitive. (e.g. Doctor Faustus,Thomas Mann; Terra Nostra, Carlos Fuentes; Le Don du Humboldt, Saul Bellow; Le Carnet d’Or, Doris Lessing).
2. L’étrangeté du roman (besynderlighed): cela peut aller jusq’au malaise. (e.g. Le processus, Kafka; Le Parfum, Süskind; American Psycho, Brett Easton Ellis; L’Exception, Christian Jungersen; La passion selon G.H., Clarice Lispector; L’Etranger, Albert Camus; Genspejlet, Sven Åge Madsen – Pas Traduit en Français).
3. L’originalité: le capacité du roman de rompre notre nôtres habitudes de réflexion/de bousculer notre pensé pour nous faire voire autre chose/autrement. (e.g. L’Innomable, Beckett; le plus part des romans de Janet Frames; Mon nom est Rouge, Orphan Pamuk; Orlando, Woolf; Brummstein, Adolphsen – PTF).
4. La capacité du roman de rester avec le lecteur après la lecture (efterglød – très difficile à traduire…) même si au moment du lecture le livre nous n’avait pas plut, ou donnait une impression tout à fait éphémère…(e.g. Les Amants du Spoutnik, Haruki Murakami; Hus of Hjem, Helle Helle – PTF).
5. Faiblesse/fragilité (svaghed/skrøbelighed): que il y a quelques failles ou un fragilité dans la construction d’oevre puisse peut être lui rendre encore plus attachant/saisissant. (e.g. le plus part des romans de Thomas Bernhard, et du Italo Calvino; Moby Dick, Herman Melville; Azorno, Inger Christensen).
Pernille

Entre multi-localité, afropolité et identités transnationales

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Il y a quelques mois déjà une programme litteraire danoise que j’écoute regulièrement avait sur le programme deux écrivaines qui mobilisaient des concepts autour de l’appartenance et l’identité tel que la multi-localité, l’afropolit(e), les identités transnationales. Cela m’avait interpellé, sur tout l’idée du multilocalité (Selasi), et me rapelait le livre Origines d’Amin Malouf. J’avais alors envie de proposer que nous lisons chaque un/une au choix un des livres suivantes:
Taiye Selasi
Selasi est née à Londres, en Angleterre, d’une mère nigériane et d’un père ghanéen, une famille de médecins et a grandi à Brookline (Massachusetts) , Massachusetts. En 2005, elle publie Bye-Bye Babar or What is an Afropolitan? (Bye-Bye, Babar ou Qu’est-ce qu’un Afropolitain ?). Ce premier ouvrage n’est pas un roman, mais un essai sociologique mettant en exergue l’émergence d’une nouvelle génération d’Africains. Elle y créée et popularise le terme d’« Afropolitain » : ne se sentant ni vraiment britannique, ni américaine, ni totalement africaine de tradition, étant marqué par la culture urbaine et les métropoles occidentales, elle se créée une identité à elle. La même année, elle écrit une pièce de théâtre, qui est produite dans un petit théâtre par Avery Willis, nièce de Toni Morrison. En 2006, elle s’accorde un délai d’un an sur les conseils de Morrison et écrit The Sex Lives of African Girls. L’histoire est publiée par le magazine littéraire Granta au Royaume-Uni en 2011. En 2010, Penguin Press, deuxième plus grande maison d’édition au monde, achète le premier roman de Selasi, Ghana Must Go, au vu des 100 premières pages, écrites d’un jet selon l’auteur. L’ouvrage est publié en 2013 et est très bien accueilli par la critique,1011. Choisi comme l’un des 10 meilleurs livres de 2013 par le Wall Street Journal et The Economist, il est vendu dans 17 langues et 22 pays à partir de 2014.Taiye Selasi se dit également photographe et musicienne.(Wikipedia).
Le Ravissement des innocents (Ghana must go), traduit de l’anglais par Sylvie Schneiter, Éditions Gallimard, 2014.
C’est l’histoire d’une famille, des ruptures et déchirements qui se produisent en son sein, et des efforts déployés par chacun pour ?uvrer à la réconciliation. En l’espace d’une soirée, la vie sereine de la famille Sai s’écroule : Kwaku, le père, un chirurgien ghanéen extrêmement respecté aux États-Unis, subit une injustice professionnelle criante. Ne pouvant assumer cette humiliation, il abandonne Folá, sa ravissante épouse nigériane, et leurs quatre enfants. Dorénavant, Olu, leur fils aîné, n’aura d’autre but que de vivre la vie que son père aurait dû avoir. Les jumeaux, la belle Taiwo et son frère Kehinde, l’artiste renommé, verront leur adolescence bouleversée par une tragédie qui les hantera longtemps après les faits. Sadie, la petite dernière, jalouse l’ensemble de sa fratrie. Mais l’irruption d’un nouveau drame les oblige tous à se remettre en question. Les expériences et souvenirs de chaque personnage s’entremêlent dans ce roman d’une originalité irrésistible et d’une puissance éblouissante, couvrant plusieurs générations et cultures, en un aller-retour entre l’Afrique de l’Ouest et la banlieue de Boston, entre Londres et New York. (Babelio).
Chimananda Ngozi Adichie
Née dans la ville d’Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-est du Nigeria, où est implantée l’université du Nigeria à Nsukka (UNN, University of Nigeria, Nsukka) depuis 1960. Durant son enfance, son père enseignait à l’UNN comme professeur de statistiques, et sa mère était la responsable du bureau de la scolarité. À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis. Après avoir étudié à la Drexel University de Philadelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry (actuellement à Mansfield, CT). Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques. En 2001, elle y décroche son diplôme universitaire avec la mention honorifique summa cum laude. Elle achève ensuite un master en création littéraire à l’université Johns Hopkins de Baltimore en 2003. Elle obtient un M.A. (maîtrise ès arts) d’Études africaines à l’université Yale en 2008. La même année, elle intervient comme « écrivain visiteur » à l’Université wesleyenne (Wesleyan University) de Middletown dans le Connecticut où elle participe à la collection Wesleyan’s Distinguished Writers Series. (Wikipedia)
Americanah, (Americanah), trad. d’Anne Damour, Paris, Éditions Gallimard, 2015.
«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés? Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant. (Babelio)
Autour de ton cou, (The Thing Around Your Neck), trad. de Mona de Pracontal, Paris, Éditions Gallimard, 2013.
Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute inter-communautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d’oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l’harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées…
Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d’Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d’aujourd’hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l’expérience de l’émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d’humanité. (Babelio).
L’Autre moitié du soleil, (Half of a yellow sun), trad. de Mona de Pracontal, Paris, Éditions Gallimard, 2008.
Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale.Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes. Évoquant tour à tour ces deux époques, l’auteur ne se contente pas d’apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l’Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L’autre moitié du soleil est leur chant d’amour, de mort, d’espoir. (Babelio)
L’Hibiscus pourpre, (Purple Hibiscus), trad. de Mona de Pracontal, Paris, Éditions Anne Carrière, 2004.
Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d’Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d’une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique (il possède le seul journal indépendant du pays) en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l’éducation de ses enfants comme une chasse au péché où les plus terribles punitions trouvent leur justification dans la foi. Quand un coup d’Etat vient secouer le Nigeria, Eugène, très impliqué dans la crise politique, est obligé d’envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, qu’ils croyaient dangereuse et païenne, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable et la maison se transforme en champ de bataille où les enfants vont se révolter pour gagner leur liberté. L’Hibiscus pourpre est un roman bouleversant sur la fin de l’innocence, la violence domestique, l’intolérance religieuse et l’émancipation.(Babelio).
Amin Malouf
Né à Beyrouth, Amin Maalouf passe pourtant les premières années de son enfance en Égypte, patrie d’adoption de son grand-père maternel, lequel a fait fortune dans le commerce à Héliopolis. De retour au Liban, sa famille s’installe dans un quartier cosmopolite de Beyrouth en 1935, où elle vit la majeure partie de l’année, mais passe l’été à Machrah, village du Mont-Liban dont les Maalouf sont originaires5. Son père, journaliste très connu au Liban, également poète et peintre, est issu d’une famille d’enseignants et de directeurs d’école. Ses ancêtres, catholiques romains, grec-catholiques, orthodoxes, mais aussi athées et francs-maçons, se sont convertis au protestantisme presbytérien au xixe siècle. Sa mère est issue d’une famille francophone et maronite, dont une branche vient d’Istanbul, ville hautement symbolique dans l’imaginaire d’Amin Maalouf, la seule qui soit mentionnée dans chacune de ses œuvres6. La culture du nomadisme et du « minoritaire » qui habite son œuvre s’explique sans doute en partie par cette multiplicité des patries d’origine de l’écrivain, et par cette impression d’être toujours étranger : chrétien dans le monde arabe, ou arabe en Occident. (Wikipedia).
Origines, Grasset, 2004.
Il était une fois deux frères, Gebrayel et Botros, nés dans ce Liban de la fin du XIXe siècle encore partie intégrante de l’Empire ottoman. Le premier rêve de conquérir le monde et quitte l’Orient natal pour faire souche à Cuba. Le second, homme de pensée et de livres, reste au pays. Ainsi commence la saga des Maalouf, sédentaires ou nomades, emportés par l’histoire dans une diaspora familiale, et que relient, du Brésil à l’Australie et des Etats-Unis à la France, le bruissement d’un nom et la conscience d’une origine commune. C’est à cette  » tribu « , dont il reconstitue l’histoire avec la rigueur d’un archiviste et l’empathie d’un romancier, que l’auteur du Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993) rend un magnifique hommage d’amour et de fidélité. Pour l’écrivain, lui-même en exil, n’est-elle pas sa seule patrie ? (Babelio).
Bonne lecture!
Pernille

34ème rencontre du Canapé littéraire: Un écrivain de ma région

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Cette rencontre nous a donné l’occasion de découvrir certains écrivains des région d’origine/ région préférées des participants du canapé littéraire. Plus particulièrement, on a discuté des livres suivantes :

Jacqueline Harpman : L’Orage rompu (mais aussi la Plage d’Ostende, Le Bonheur dans le crime, Orlanda…), présenté par Naomi

Jacques Chardonne : Les destinées sentimentales, choisi par Stéphane P.

Eric-Emmanuel Schmitt : Les Perroquets de la place d’Arezzo, présenté par Eric

Irmgard Keun : Gigli, une de nous, choisi par Katja

Filippo Bologna: Come ho perso la guerra, découvert par Flavia

Fre Vargas: Le marchand d’éponges, presenté par Julie

Inger Christensen: Alpahbet, choisi par Pernille

Martin Mosebach: Was davor geschah (titre français:Un hasard nécessaire) et Giorgio Bassani: Gli occhiali d’oro (Les lunettes d’or), présentés par Johannes et Silvia sous forme de message vidéo.