Archives Mensuelles: avril 2015

Le journal intime en littérature

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Chers amis,

Notre prochain Canapé sera voué au journal en littérature.  Qu’est-ce qu’un journal, en littérature ?  On pourrait dire qu’il s’agit, en première approche, d’une forme d’écrit autobiographique.  Un récit en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence. 

Oui bon, on sait que nombre d’adolescentes (un peu moins d’adolescents) pratique ce genre d’exercice avec plus ou moins de bonheur .  Une jeune fille qui écrit en parlant de ses premiers émois, de ses rencontres… Il lui faut beaucoup de talent pour retenir notre attention. 

Sauf si cette dernière est dans une situation exceptionnelle ; on pense tout de suite au Journal d’Anne Franck.  Sauf si cette dernière vit un enfer social ; Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau (ah cette fois le personnage n’est plus réel ; pas grave on prend quand même).   Sauf si cette dernière vit les dernières heures du régime nazi à Berlin ; Eine Frau in Berlin.  A chaque fois la situation donne au récit une teneur particulière qui nous prend au ventre.  Et les garcons ?  Même constat ; c’est, en général, la situation qui fait le récit :  ainsi  Journal d’un jeune fasciste, par Mario Piazzesi. Il a été écrit à chaud, au moment des faits. Rédigé entre 1919 et 1922, c’est un témoignage troublant qui permet de comprendre comment l’Italie s’en remet au Duce pour vingt ans dans un climat de violence et de peur. Le point de vue est celui d’un jeune garçon qui, comme nombre de jeunes du même âge (Mario Piazzesi a 17 ans lorsqu’il commence à écrire), poussé par le besoin de changer la société italienne et imbu de la culture de l’action, choisit la voie de la lutte armée. Le journal s’achève sur la marche sur Rome et par la prise du pouvoir par Mussolini.

Quittons les jeunes gens et nous constatons que la situation exceptionnelle n’est plus indispensable si le talent est là.  Ainsi Journal d’un corps  peut paraître rébarbatif au premier abord mais c’est sans compter l’habileté de Daniel Pennac ; on ne s’ennuie pas alors qu’il n’est question ou presque que de bobos…  L’art d’écrire !

 Bref cette forme de littérature qui marque l’ itinéraire d’une âme est souvent très intéressante.  Pour ma part,  je pense que le côté introspectif y est pour beaucoup.

 Mais je suis sûr que vous trouverez d’autres raisons…

Pour ceux qui veulent approfondir cette introduction :

http://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2003-4-page-703.htm

 

Les diaristes ont été nombreux.  Voici pêle-mêle :

Memoranda, Journal intime 1836-1864   Jules Barbey d’Aurevilly.

Journal (19 volumes !) de Julien Green

Journal, 1931-1932, D’Annecy à Corfou de Valery Larbaud (et la suite qui passe par Berg-Op-Zoom ! )

Orage d’acier, Jardins et routes,  Journaux de guerre et La cabane dans la vigne d’Ernst Jünger que j’ai trouvé fantastiques. 

Et la suite,  éditée récemment en français:

Soixante-dix s’efface (Siebzig verweht 1977)

  • Soixante-dix s’efface, I – Journal 1965-1970 (Siebzig verweht)
  • Soixante-dix s’efface, II – Journal 1971-1980 (Siebzig verweht II)
  • Soixante-dix s’efface, III – Journal 1981-1985 (Siebzig verweht III)
  • Soixante-dix s’efface, IV – Journal 1986-1990 (Siebzig verweht IV)
  • Soixante-dix s’efface, V – Journal 1991-1996 (Siebzig verweht V )

Les journaux de voyage de Matsuo Basho (japonais)

les Cahiers de Rodez d’Antonin Artaud.

le journal d’Emil Cioran paru sous le nom de Cahiers, 1957-1972 (en 1997).

les Cahiers de Paul Valéry.

Samuel Pepys, Madame de Staël, Jean-René Huguenin,  c’est presque sans fin…

Bonne lecture !

Stéphane

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