Archives Mensuelles: janvier 2014

L’inde – bibliographie

Par défaut

L’inde vue avec les yeux d’un étranger :
Cerf Muriel – L’antivoyage (1974)  (Actes Sud, coll. Babel)
Bruckner de Pascal – Parias (1985) (Le Seuil coll. Points)
David-Néel Alexandra- L’Inde ou j’ai vécu, avant et après l’indépendance (1951) (Pocket)
Gandhi – Autobiographie ou mes expériences de vérités (1950) (PUF, coll. Quadrige » n°203,2007,720 p)
Grellety Bosviel Pascal – Trip indien (1972) (Elytis)
Lapierre Dominique et Collins Larry – Cette nuit la liberté – L’époque tumultueuse de l’Indépendance des Indes (1975) (Pocket)
Moravia Alberto – Une certatine idée de l’Inde – (1961) (Arlea Poche 2008)
Pasolini Pier Paolo – L’Odeur de l’Inde_
Régis Airault – Fous d’Inde: délire d’occidentaux et sentiment océanique (2002)
Tabucci Antonio -Nocturne indien (1984)
Georges Eliane et Lennard Erica -Le petit palais du Rajasthan  (du Chêne 1996)

Romans:
Kipling Rudyard – Kim (1901) (Gaillamard)
Le Nabour Eric – Les anges de Jaipur (2011) (Pocket)
Maas Sharon -Noces Indiennes (1999) (J’ai lu)
Maas Sharon – La danse de Paon (2003) (J’ai Lu)
Madden John –  Indian Place (2012) (Commedie)
Moro Javier – Le pied de Jaipur (1995) (Points)
Moro Javier – Montagne de Buddha (2000) (Point)
Moro Javier- Le Sari rose (2008) (Point)
Roberts Gregory David- Shantaram -(2003) Carlton North, Vic. Scribe Publications
Silvester Hans – Les chevaliers du Shekhawati (2001) (ed. La Martinière)
Sutcliffe William – Vacances Indiennes (2003) Editions Donoel

Livres sur la religion:
Clément Catherine -Promenade avec les dieux de l’Inde (2007) (Points)
Hesse Hermann- Siddhartha (1922) (Grasset, coll. Les cahiers rouges)
Michaux Henri- Un barbare en Asie (1933) (Guillamard)
Odier Daniel – Tantra (1996) (Pocket)
Renou Luis – L’Hindouisme (1983) (Que Je sais-je?)
Rushdie Salman -(1988) The Satanic Verses
Vir Singh – L’Hindouisme, une introduction (2005) ( Surabhi Prakash)

Le système des castes :
Bouglé Célestin (1870-1940) (1908) Essais sur le régime des caste-http://blogofficieldewalkylouis.blogs.nouvelobs.com/media/01/01/2783427151.pdf
Durkheim Émile en collaboration avec Jean Reynier (1910):“ Le régime des castes » http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/textes_3/textes_3_6m/le_regime_des_castes.pdf

Auteur Indiens:
Adiga Arvind – Le tigre Blanc (2008) (gagnant du Man Booker Prize)
Adiga Arvind – Last Man In Tower (2011)-Novel – HarperCollins
Appachana Anjana-Le fantôme de la barsati-Nouvelle traduite de l’anglais (Inde) par Alain Porte
Appachana Anjana-L’Année des secrets-Roman traduit de l’anglais (Inde) par Catherine Richard
Appachana Anjana -Mes seuls dieux-Nouvelles traduites de l’anglais (Inde) par Alain Porte
Banerji Bibhouti Bhoushan: « La complainte du sentier ».
Basheer Vaikom Muhammad -Les Murs et autres histoires (d’amour)- Traduit du malayalam (Inde) par Dominique Vitalyos
Basheer Vaikom Muhammad – Le Talisman -Nouvelle traduite du malayalam (Inde) par Dominique Vitalyos)
Basheer Vaikom Muhammad- La Lettre d’amour -Nouvelle traduite du malayalam (Inde) par Dominique Vitalyos
Basheer Vaikom Muhammad -Grand-père avait un éléphant-Roman traduit du malayalam (Inde) par Dominique Vitalyos
Bhagat Chetan –les trois erreurs de ma vie (broché) 2013
Bose Buddhadeva – La fille de nos rêves (2009) (Pocket)
Chandra Vikram – Le Seigneur de Bombay (Poche) (2009)
Chatterjee Upamanyu – Les après-midi d’un fonctionnaire très déjante (Robert Laffont)
Dawesar Abha: Babyji – (2005) (gagnant du Stonewall Book Award and Lambda Literary Award, 2006)
Dawesar Abha: L’agenda des plaisirs (2000 ) (10/18)
Dawesar Abha: L’inde en Héritage (2009) (10/18)
Devi Phoolan -Moi, Phoolan Devi, reine des bandits (1996) (Fixot 2001)
Devi Gayatri – Une princesse se souvient (ed. Kailash, 1996)
Devi Ananda – Le sari vert (2009)
Divakarumi Chitra : Ma sœur, mon amour (10/18)
Divakarumi Chitra: le lien du désir (2002) (10/18)
Divakarumi Chitra- Banerjee –L’histoire la plus incroyable de votre vie (Broché) 2013
Ganeshananthan V.V. – Le sari rouge (Livre de poche)
Ghosh Amitav – The glass Palace (Grand Prize for Fiction at the Frankfurt International e-Book Awards in 2001)
Ghosh Amitav – The Shadow Lines (Sahitya Akademi Award, un des plus prestigieux prix littéraire indien)
Ghosh Amitav- the Calcutta Chromosome (il a gagné the Arthur C. Clarke Award for 1997)
Ghosh Amitav – Un océan des pavots (Broché) 2013
Gowda Somaya Shilpi: La fille Secrète (2010) (Folio)
Sharma Bulbul – Mangue amère (Broché) 2012
Kaye MM- Pavillon Lointains (1978) Livre de Poche)
Kunzu Hari – L’Illusionniste (Plon) (2003)
Lahiri Jhumpa – L’interprète des maladies (Elle a gagné The Pulitzer Prize for Fiction en 2000) (Harper Collins Publishers)
Markandaya Kamala – Le Riz et la Mousson (1954) (J’ai Lu)
Mandanna Sarita –Les collines du tigre (2010) (J’ai le lu)
Mehta Rama – A l’ombre du Haveli (ed. Kailash, 1993)
Mistry Rohinton – L’équilibre du monde (2001) (Livre de poche)
Mistry Rohinton – Une simple affaire de Famille (2002) (Livre de Poche)
Mukherjee Neel – Le passé continu (2008) (Pocket) (Prix du premier roman écrit en langue anglaise, décerné tous les ans en Inde, pour l’année 2008)
Narayan R. K. – Le Magicien de la finance -Roman traduit de l’anglais (Inde) par Dominique Vitalyos
Nair Anita- Compartiment pour dames (2004) (Broché)
Narayan R. K. – Le Guide et la Danseuse-Roman traduit de l’anglais (Inde) par Anne-Cécile Padoux
Nerendra Jadhav – Intouchable, une famille de parias dans l’Inde Contemporaine (2002) (Hachette litteratures)
Roy Arundhati: Le dieu des petits riens (Gallimar) 2000
Rushdie Salman- Les enfants de la nuit (1981) (Le Livre de Poche)
Rushdie Salman- The Moor’s last sigh (1995).
Saraf Sujit –Le trône du paon (Grasset) (1984)
Sharma Akhil – Un père obéissant
Sharma Yana – Le Jardin de Mordpur (1999) (Livre de Poche)
Seth Vikram – Un garçon convenable (1995) (LGF, coll. Le livre de Poche)
Singh Jaspreet – Chef (2008) (Pocket)
Shanghvi S. Dhanvant – La fille qui marchait sur l’eau (2006) (10/10)
Shanghvi S. Dhanvant – Les derniers Flamants de Bombay (2009) (10/18)
Sundaresan Indu – La splendeur du silence (2006) (Pocket)
Swarup Vikas – les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devient milliardaire (2005) –Traduit de l’anglais par Roxane Azimi
Tagore Rabindranath –Kumudini -Roman traduit du bengali (Inde) par France Bhattacharya (Prix Nobel de la Littérature en 1913)
Tagore Rabindranath- Quatre chapitres- Roman traduit du bengali par France Bhattacharya
Tagore Rabindranath- Chârulatâ – Roman traduit du bengali par France Bhattacharya
Tejpal Tarun J. – Loin de Chandigarh (2005) (LGF, coll. Le livre de Poche)
Tharoor Shasi – Le Grand Roman Indien (Points)
Tharoor Shasi- L’émeute (2001) (Le Seuil coll. Points)
Tharoor Shasi- Show Business (2007) (Le Seuil coll. Points)
Tharoor Shasi -Le grand roman indien, (Le Seuil coll. Points)
Vâtsyâyana & Kalyanamalla- Les Kâma-Sûtra suivis de l’Anangaranga- Textes traduits du sanskrit par Jean Papin

Rossana

Publicités

19eme rencontre: L’inde – introduction

Par défaut

L’Inde : pays magique, terre riche de mystère et de charme. L’Inde éternelle, celle des éléphants, des dromadaires, des temples indus, jaïns, sinks, des palais des maharadjahs, des sâdhus, des fleuves vénères et d’une panoplie des dieux /déesses et animaux sacrés, des fêtes multi-couleur, mais aussi de la saleté, de la pauvreté et des discriminations sociales et raciales… L’Inde est tout ça à la fois. Pays où les différentes traditions, religions et cultures ses rencontrent et cohabitent ensembles gardant pour autant leurs identités et leurs caractéristiques types. Un pays où les mégapoles et les petits villages croissent ensemble, où l’histoire moderne côtoie siècle de tradition, mélange indescriptible de Moyen Age et de modernité.

Dans un des bouquins que j’ai lu sur l’Inde, il y avait un sort d’introduction qui m’a frappé ; une petite recette en guise d’introduction que j’aimerai partager avec vous :
« Ingrédients: des pauvres en grande quantité, quelques riches une classe moyenne qui commence à compter, un bouquet garni de religions (beaucoup d’hindous, un peu moins de musulmans, quelques éléments chrétiens, des jains, des sinks et des parias, au moins) des marxistes prochinois et d’autres prosoviétiques, le Mahatma Gandhi, Nehru, le clan Gandhi, des vélos, une bombe atomique, des temples, des palais, un rouet….
Instrument: une démocratie qui fonctionne assez bien, un fanatisme religieux à portée des mains, quelques millénaires d’histoire, une colonisation anglaise.
Temps de préparation: de la préhistoire à nos jours. Diviser soigneusement tous les ingrédients en castes et sous-castes, laisser mariner dans une chaleur étouffante, inonder régulièrement en luttant au coup par coup contre l’analphabétisme, rajouter de temps à autre du planning familial et modifier à chaque instant les proportions de la recette. De sanglantes émeutes se produisent à intervalles irréguliers. Laisser retomber; Servir bouillant, en décorant de quelques maharajas et de vaches sacrées.
Conseil du chef: prévenez-vos convives que cela lui pourras paraître difficile voire incompréhensible, mais que les amateurs des surprises ne seront pas déçu. »

L’Inde est à la fois tout ça et beaucoup plus encore. Parler de l’Inde, même en guise d’introduction, et vouloir prétendre de tout dire ou expliquer en quelques pages c’est une tâche hors de ma portée. Cette petite introduction a le seul bout de capturer votre attention et vous donner l’envie de découvrir cette magnifique terre, cet immense pays, mystérieux, fascinant mais au même temps pleins des contradictions et des disparités.

L’Inde, ou il faudra mieux dire la République de l’Inde, est un pays du sud de l’Asie qui occupe la majeure partie du subcontinent indien. L’Inde est le deuxième pays le plus peuplé et le septième pays le plus grand du monde. Le littoral indien s’étend sur plus de sept mille kilomètres. Le pays a des frontières communes avec le Pakistan à l’ouest, la Chine, le Népal, et le Bhoutan au nord et au nord-est, le Bangladesh et la Birmanie à l’est. Sur l’océan Indien, l’Inde est à proximité des Maldives au sud-ouest, du Sri Lanka et de l’Indonésie au sud-est. L’Inde réclame également une frontière avec l’Afghanistan au nord-ouest.

L’Inde est un Etat fédéral, qui comprend 28 Etats établis sur des bases essentiellement linguistiques, et sept territoires créés pour des raisons politiques ou historiques (Delhi, Pondichéry). C’est une démocratie parlementaire inspirée au modèle britannique. Le pays devient indépendant en 1947 après une lutte marquée par la résistance non-violente du Mahatma Gandhi. Sa Constitution, promulguée le 26 janvier 1950, est l’une des plus détaillées au monde avec 396 articles et annexes, et proclame le caractère socialiste et laïc de l’Etat. La République de l’Inde est considérée comme la démocratie la plus peuplée au monde.

L’Inde se distingue par son incomparable trésor culturel, qui provient de son riche passé historique. Depuis une éternité, l’Inde est considérée comme une terre possédant un héritage culturel très riche et une culture folklorique colorée et florissante. L’Inde est un foyer de civilisations parmi les plus anciennes du monde : la civilisation de la vallée de l’Indus s’y est développée dès 5000 av. J.C. Le subcontinent indien a abrité de vastes empires et est présent sur les routes commerciales dès l’antiquité. Pendant des siècles et des siècles ce pays a connu des dirigeants venus d’autres contrées comme les Rajputs, les Moghols, les Britanniques, les Français et les Portugais.

Par son passé, ses danses, ses architectures, ses festivités, ses langues, ses croyances, ses coutumes et ses styles de la vie, l’Inde est l’un des pays les plus vibrants et les plus riches culturellement dans le monde. Juste pour vous donner un exemple la constitution Indienne reconnait plus de dix-huit langues ; en effet ces sont plus de 1600 langues et dialectes qui ont été recensés. Bien que le hindi soit la langue officielle et nationale, l’anglais est aussi utilisé et demeure la langue officielle de la magistrature et de l’administration. Les différentes langues du pays, entre autre, permettent de distinguer les peuples de différentes régions…

La diversité de l’Inde repose également sur la religion. L’Inde est la terre de naissance de quatre religions majeures – l’hindouisme, le jaïnisme, le bouddhisme et le sikhisme – alors que le zoroastrisme, le christianisme et l’islam s’y sont implantés durant le Ier millénaire. En ce sens on peut dire qu’elle est un véritable melting-pot des religions. C’est aussi à travers ces religions que la philosophie, la dévotion et la spiritualité indienne s’expriment. Ces philosophies, ces religions et cette spiritualité sont représentées par des temples magnifiques et spécifiques que l’on aperçoit à travers tout le pays. Pour les voyageurs occidentaux cette richesse de culture, traditions et religions peux provoquer, certaines fois, une espèce de choc. Cela peut surtout être pour la rencontre avec des religions polythéistes à caractère naturaliste, qui en Europe sont disparues depuis longtemps pour laisser la place à des religions monothéistes très humanisées. En Inde on retrouve encore une nature immédiate, brute et primitive que la religion exprime en symbole (certaines fois terrifiantes), qui abritent les différents temples. La découverte d’un temple hindouiste, sinks jaïniste est une véritable expérience sensorielle, visuel, olfactive; tous les 5 sens sont mis en marche.

Quelques concepts de base:

L’indouisme est la religion principale de l’Inde et l’une des plus vieilles du monde. Pratiquée par 80 % de la population, elle est basée sur les livres sacrés qui sont les quatre Veda, constituant le fondement de la philosophie hindoue : Les Upanishad, le Mahabaratha, la Bhagavad Gita et le Dharma. Les pratiques principales de l’hindouisme sont : le puja, la crémation des morts et la hiérarchisation par le système des castes.
Les musulmans (13,4% ou 16%) constituent le deuxième (ou troisième selon les chiffres de différentes sources) foyer de musulmans du monde après l’Indonésie (et le Pakistan). L’Islam s’inscrit dans la tradition des grandes religions monothéistes comme le judaïsme et le christianisme. C’est la raison pour laquelle on appelle son prophète Mohammad, le Sceau des Prophètes.
Les sikhs reconnaissables à leurs turbans et leurs barbes représentent le 2%. Le sikhisme fut fondé par Guru Nanak, né en 1469. Se basant par quelques principes hindouistes, il n’y a pas de distinction de castes, ils incinèrent leurs morts et croient en un dieu unique, s’opposant à l’idolâtrie. Leur livre sacré est le Granth Sahib qui comprend les écrits des dix gourous sikhs mais également des textes hindous et musulmans. Ils prirent dans des temples, les gurdwara.
Les bouddhistes, né vers 500 av J.C. par l’enseignement du prince Siddharta Gautama, n’est pas une religion mais une philosophie opposée à celle de l’hindouisme. Buddha enseignait que « la vie était souffrance et les hommes devaient se libérer de cet état pour atteindre le nirvana, un état de paix et de joie ». Afin d’y parvenir, il faut passer par une série de renaissances (samsara). Il existe deux écoles dans le bouddhisme, Hinayana et Theravada.
Les jaïns, fondée vers 500 av. J.C. par Mahavira aussi appelé Thirtankara, présente de nombreuses similitudes avec le bouddhisme. Elle réfute certains principes de l’hindouisme comme le système des castes et la domination des prêtres brahmanes. Les jaïna croient en la réincarnation et au spiritualisme. Ils sont végétariens et certains fidèles portent un bandeau couvrant la bouche afin d’éviter qu’ils n’ingèrent des insectes.
Le zoroastrianisme, originaire de la Perse est l’une des plus anciennes religions du monde. Elle fut fondée par le prophète Zarathoustra au VIème siècle av. J. C’est une religion monothéiste. Les fidèles sont appelés les parsis. Leur livre sacré est le Zend-Avesta, décrivant le conflit entre le bien et le mal. Leur dieu, Ahura Mazda, invisible et omnipotent, est symbolisé par le feu.

On ne peut pas parler de l’Inde sans parler aussi de sa cuisine car il faut l’admettre, la découverte de l’Inde passe aussi par l’exploration de sa cuisine… L’actuelle variété de la cuisine indienne est, elle aussi, le résultat d’importantes invasions : Moghols, Portugais et Britanniques. Aujourd’hui, cette cuisine riche et variée représente l’opulence de la culture indienne. Petit remarque, selon la région où il habite, sa religion, sa caste, l’indien ne se nourrit pas de la même façon que son voisin. Par exemple, un indien appartenant à une caste supérieure (les Brahman) ne mangera en principe que de la cuisine végétarienne préparée par un autre membre de sa caste sous peine de consumer une nourriture impure.

C’est étonnant le nombre des épices présent dans cette cuisine sont innombrables et elles créent une variété infinie de goûts: gingembre, coriandre, poivre noir, cannelle, etc. (Petit anecdote: le piment n’est pas d’origine indien, il a été introduit par les Portugais au 16ème siècle!!). On ne peut pas lui passer à côté, vu qu’elles sont présentes dans tous les plats!. La gastronomie d’origine persane s’est également largement répandue après les invasions musulmanes: le biryani, les kababs, les tandoori chicken (poulets au four),le chiapati, le naan, le masala thé, le dhal, le paneer, le pappadam, le pulao, le korma.. ect…juste pour citer quelques plats succulents.

Pour conclure mon petit récit j’aimerais dire deux mots sur la littérature indienne… Pas tout le monde sait que la littérature indienne est très riche et si on compte les contes et les épopées, ça serait parmi les plus anciennes au monde. En effet, l’Inde demeure un continent littéraire mal connu, malgré la percée internationale exceptionnelle de ses écrivains de langue anglaise au cours des deux dernières décennies (Tagore, prix Nobel de la littérature en 1913, Salman Rushdie, Narayan, Anita Desai, Amitav Ghosh, Arundhati Roy pour en citer quelques uns..). Mais peu de gens savent que l’essentiel des productions littéraires indiennes se fait dans les 21 grandes langues régionales. Les plus importantes en terme de locuteurs sont le hindi (300 millions de locuteurs), le télougou (60), le bengali (55), le tamoul (50), le marathi (45), l’ourdou (36), le goujerati (36), le kannada (30), le malayalam (29), le punjabi (25), l’oriya (20) et l’assamais (15). Beaucoup de ces langues sont dépositaires de riches et anciennes traditions littéraires, notamment la littérature tamoule dont les premières œuvres datent du début de l’ère chrétienne. Ainsi que la littérature traditionnelle hindoue qui tient toujours une grande place. Ainsi, hormis les Veda qui sont des textes sacrés autant qu’un corpus de connaissance, l’Inde a produit des épopées comme le Rāmāyana ou le Mahâbhârata, des traités d’architecture comme le Vaastuśhâstra ou bien encore des traités de science politique comme l’Arthaśhâstra.

Avec tous ces créateurs d’imaginaire, la littérature indienne est une mousson exubérante qui mélange la fantaisie magique et baroque aux bonnes vieilles recettes de l’écriture de Balzac : d’un côté, des scénarios aussi impeccables que les gazons londoniens; de l’autre, un chaos d’images aussi bigarrées et hétéroclites que les souks de Calcutta… Et, partout, les mêmes obsessions: la littérature indienne est intimement liée à l’Histoire, elle reprend à son compte les grands débats sur la partition, la décolonisation, la menace intégriste, la misère, les conflits de castes et de classes, le désarroi d’une société qui a perdu ses anciens repères. Elle est une véritable chorégraphie du vertige: d’un côté, le dénuement et les atavismes les plus étouffants et, de l’autre, les mirages de la mondialisation. La question de la famille est également une obsession récurrente, ainsi que l’émergence des classes moyennes, tout ce petit monde de la débrouillardise dans une nation souvent décrite comme la fourmilière silencieuse de la planète. Et, si les mythes de la fertilité et de l’abondance ont toujours nourri les religions de l’Inde, sa littérature est tout aussi exubérante: une indomptable énergie créatrice qui déferle dans la modernité en la réconciliant avec le rêve et le merveilleux.

Lire un roman indien, c’est se frotter à cette intimité si charnelle, si unique, attachée à cette terre chamboulée qu’est l’Inde, la terre de Bharat. C’est aussi souder l’âme d’un peuple tourné vers l’invisible, nourri de merveilleux et de spirituel, c’est plonger dans la poussière du vécu tout en croisant les mythes éternels, c’est découvrir une prose qui déborde d’inventions formelles coiffée de turbans multicolores et rétif aux belles manières de la Couronne -un cocktail inédit – ce que Rushdie a appelé la «chutneyfication de l’anglais» ou « Hinglish » (Hindi et English). C’est lui, Rushdie, qui a mis sur orbite la littérature du sous-continent lorsque, en 1981, le Booker Prize a couronné ses Enfants de minuit, premier acte d’une comédie humaine où l’âme indienne se reflète dans le miroir brisé d’une société torpillée par les conflits ethniques et religieux. Mais c’est aussi le foisonnement des identités indiennes, par région, par langues…d’où des styles variés et souvent bariolés de traditions et de révoltes…

L’Inde? Un continent aux multiples visages, dont les romanciers observent les métamorphoses du haut de leurs tapis volants. Leurs voix mêlées n’ont pas fini de nous enchanter, même si elles sont souvent désenchantées.

Rossana

2013 en révision

Par défaut

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2  600 fois en 2013. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 43 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.