Le récit de la 15ème séance – La rentrée littéraire

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Pour la 15e rencontre du Canapé littéraire nous nous sommes retrouvés chez Stéphane pour devenir de vrais critiques littéraires, en discutant de livres récents, parus dans la rentrée littéraire 2013.

Flavia nous a présenté « Le quatrième mur » de Sorj Chalandon, qui est journaliste à la base. Dans son roman, il raconte l’histoire de deux amis de longue date, dont l’un, d’origine grecque, travaille à la réalisation d’un projet très singulier et ambitieux: la mise en scène de l’ « Antigone » de Jean Anouilh, à Beyrouth, en début des années 1980, quand le Liban est marqué par la guerre, et, qui plus est, avec des acteurs de tous les groupes religieux et ethniques impliqués dans les conflits du pays. Quand il tombe malade, il fait appel à son ami pour mener à bout ce projet. La guerre est très bien décrite, et selon Flavia, c’est à la fin qu’on comprend le sens du roman, notamment à travers le lien entre le choix de la tragédie « Antigone » et le destin du protagoniste se retrouvant en pleine guerre.

Barbara a présenté « Il faut beaucoup aimer les hommes » de Marie Darrieussecq. Ce roman raconte l’histoire d’amour entre Solange, française, et un homme noir, acteur, Camerounais, qui a le projet de porter à l’écran « Cœur des Ténèbres » de Joseph Conrad – « à sa façon ». L’histoire bien écrite se déroule dans le milieu glamoureux de Hollywood. Cependant, selon Barbara, environ après 200 pages, le rythme du livre s’aplatit et l’intrigue devient fort prévisible. En somme, une lecture assez légère et divertissante mais qui manque un peu de profondeur à la fin.

Rossana nous a présenté « Le bleu des abeilles » de Laura Alcoba, livre considéré comme une des surprises de cette rentrée. Ce roman autobiographique raconte une césure importante dans la vie de l’auteur, qui à l’âge de 10-11 ans a dû quitter son pays d’origine, l’Argentine, en fuyant la dictature pour s’installer en France avec sa mère, mais en laissant derrière elle son père, qui est en prison. Deux relations sont au cœur de son récit: la découverte de la France et de la langue française, avec beaucoup de désillusion, car elle se retrouve pas dans la prestigieuse ville de Paris mais dans sa banlieue, et le maintien du contact avec le père, par lettres, et par une lecture commune de livres par père et fille.

Johannes a choisi « Les saisons de Louveplaine », de Cloé Korman, jeune écrivaine de 30 ans, qui ne pourrait pas être plus contemporain, puisqu’il met en scène la vie triste et difficile des immigrés dans la banlieue parisienne. L’histoire porte sur Nour, une jeune Algerienne, qui arrive à Louveplaine, ville imaginaire de la Seine-Saint-Denis (93), pour y chercher son mari Hassan, qui y essaie depuis trois ans de leur construire un avenir, mais de qui elle n’avait plus de nouvelles depuis un mois. Pendant les saisons froides d’automne et d’hiver, Nour se fait des amis toujours avec le but d’apprendre le sort de son mari. Le roman pourtant bascule de cette intrigue principale à un portrait plus général de la vie en banlieue, et au sort d’un autre personnage, le jeune Malien Sonny. Ceci semble symboliser pour Johannes le contraste entre les rêves et ambitions des immigrés et la réalité brutale avec des évolutions imprévisibles. Un roman intéressant, riche et ambitieux, d’un style narratif parfois compliqué, qui pourtant déçoit aussi sur certains points.

Stéphane a présenté « Utopia » de l’auteur égyptien Ahmed Khaled Towfik. Ce roman, publié en arabe en 2009, puis récemment en français, nous transporte dans un futur imaginaire, bien que pas tellement lointain (2023), dans lequel il n’y a plus de classes moyennes. Les riches vivent en isolation dans des communautés fermées et sécurisées. La jeunesse s’y ennuie et se livre soit à la consommation de drogues, soit à un « sport » macabre, la « Chasse », qui consiste à franchir les limites et à tuer une personne dans le monde pauvre pour rapporter une partie de son corps en trophée. Le roman thématise le conflit entre riche et pauvre, mais expérimente aussi à imaginer une Égypte disparue dans un monde où le pétrole n’existe plus comme source de richesse. A noter que le roman est paru avant le Printemps arabe.

Johannes

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