Archives du octobre 21, 2013

Les mythes grecs pour la 16ème rencontre

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La culture classique est à la base de la culture européenne avec une force et une présence telle que parfois nous n’en sommes pas tout à fait conscients. Par culture classique on entend la culture (arts, histoire, anthropologie, littérature, philosophie, mathématique et sciences, etcetera) grecque et latine.

Vu l’importance de la culture classique dans notre culture, et donc dans la littérature européenne, je vous propose de dédier un canapé à un sujet qui nous vient de la terre de Socrate : les mythes !

Pourquoi les mythes ? et bien pour leur importance et, comme on l’a déjà dit, pour leur influence sur la culture et la pensée européenne, mais surtout parce que ils sont fascinants et ils sont en mesure de nos jours de nous parler, d’évoquer rêves et cauchemars, de nous expliquer l’âme humaine. Pensez par exemple à la force du mythe de Ulysse, à son intelligence et ses voyages qui a représenté la soif de connaissance de l’homme (Dante Alighieri) et l’aventure dans la vie quotidienne (James Joyce) ; ou encore pensez au complexe d’Œdipe décrit par Freud et qui s’inspire à l’homonyme héros tragique.

Les mythes ont été élaborés dans plusieurs façons dans l’antiquité : poèmes, théâtre (tragédie et comédie), philosophie ; et continuent à nos jours à inspirer les auteurs contemporains dans tout type de production artistique, de l’opéra à la peinture, de la musique populaire au théâtre, en passant par le cinéma et la littérature. Et c’est bien sur la littérature que nous allons nous concentrer.

Le Canapé n’est pas le lieu pour une recherche académique, je n’ai donc pas inclus les essais académiques qui expliquent le mythe et ses influences sur la littérature contemporaine. Ils existent plusieurs travaux de ce genre que vous trouverez facilement si intéressés par ce sujet.

Pour le reste je vous propose seulement quelques titres de provenance antique et contemporaine afin que chacun puisse en trouver son bonheur : ceux qui aiment l’antiquité pourront découvrir ou redécouvrir les œuvres des dramaturges grecques, tandis que ceux qui veulent lire des œuvres plus ou moins récentes, pourront y trouver quelques idées. Cette approche nous permettra aussi de réfléchir sur comment les mythes ont été élaborés dans le temps et comment la littérature contemporaine s’en sers.

La plupart des œuvres citées ressortent du théâtre car elles s’inspirent à la tragédie grecque qui a trouvé dans le mythe sa principale source. Dans la bibliographie je n’ai pas nommé d’importants auteurs grecques car ils ne se sont pas directement occupés de mythes mais dont l’importance et l’influence est à nos jours très importante : je pense par exemple à Aristophane et à Esope dont les fables ont inspiré l’œuvre de La Fontaine. Les storiographes et philosophes, qui ont souvent traité du mythe surtout comme point de départ pour expliquer l’âme humaine, n’ont pas été inclus dans cette bibliographie qui se concentre sur les poèmes et le théâtre antiques.

J’avoue que mes efforts de recherche ne pourront jamais être à la hauteur de la tâche et je vous invite donc à compléter cette bibliographie avec vos suggestions !

Andromaque (1667), J. Racine

Antigone (1944), J. Anouilh

Antigone (1997), H. Bauchau

Antigone (442 av JC), Sofocle

Antigone (1783), V. Alfieri

Antigone (1947), B. Brecht

Antigone (1922), J. Cocteau

Antigone ou le Choix (1957), M. Yourcenar

Electre, Sofocle

Enéide (19 av JC), Virgile

Fables (1668 – 1694), J. de La Fontaine

Faust (1808), J W Goethe

Hélène (412 av JC), Euripide

Iphigénie (1674), J Racine

Iphigenie auf Tauris (1778), J.W. Goethe

Journal de bord III (1955), G. Séféris

L’Orestie, trilogie composée d’Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides, Eschyle

La guerre de Troie n’aura pas lieu (1935), J. Giraudoux

La Mort du roi Tsongor (2002), L. Gaudé

La Thébaïde (1664), J. Racine

Le mythe de Sisyphe (1942), A. Camus

Le Prométhée mal enchaîné (1899), A. Gide

Les travaux et les jours (VIII siècle av JC), Hésiode

Les Troyennes (415 av JC), Euripide

Les Troyennes, Sénèque

Les Troyennes (1965), J. P. Sartre

Le Songe d’une nuit d’été, W. Shakespeare

L’Odyssée (1939), N. Kazantzákis

Iliade (VIII siècle av JC), Homère

Il mio nome è Nessuno – Il giuramento (2012), V.M. Manfredi

Il mio nome è Nessuno – Il ritorno (2013), V. M. Manfredi

Odyssée (VIII siècle av JC), Homère

Œdipe (1931), A. Gide

Œdipe à Colone (401), Sofocle

Œdipe roi (425), Sofocle

Œdipe sur la route (1990), H. Bauchau

Métamorphoses (1), Ovide

Perséphone (1934), A. Gide

Percy Jackson & The Olympians (série fantasy de cinq romans publiés entre 2005 et 2010), R. Riordan

Poemi Conviviali (1904), G. Pascoli

Prométhée enchaîné, Eschyle

Prometheus (1773), J.W. Goethe

Roméo et Juliette (1595), W. Shakespeare

Till we have faces (1956), C.S. Lewis

Théogonie (VIII siècle av JC), Hésiode

The waste land (1922), T.S. Eliot

Ulysse (1922), J. Joyce

Ulysse from Bagdad (2008), E.E. Schmitt

Flavia

P.S. La séance se tiendra le 13 Novembre!

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Le récit de la 15ème séance – La rentrée littéraire

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Pour la 15e rencontre du Canapé littéraire nous nous sommes retrouvés chez Stéphane pour devenir de vrais critiques littéraires, en discutant de livres récents, parus dans la rentrée littéraire 2013.

Flavia nous a présenté « Le quatrième mur » de Sorj Chalandon, qui est journaliste à la base. Dans son roman, il raconte l’histoire de deux amis de longue date, dont l’un, d’origine grecque, travaille à la réalisation d’un projet très singulier et ambitieux: la mise en scène de l’ « Antigone » de Jean Anouilh, à Beyrouth, en début des années 1980, quand le Liban est marqué par la guerre, et, qui plus est, avec des acteurs de tous les groupes religieux et ethniques impliqués dans les conflits du pays. Quand il tombe malade, il fait appel à son ami pour mener à bout ce projet. La guerre est très bien décrite, et selon Flavia, c’est à la fin qu’on comprend le sens du roman, notamment à travers le lien entre le choix de la tragédie « Antigone » et le destin du protagoniste se retrouvant en pleine guerre.

Barbara a présenté « Il faut beaucoup aimer les hommes » de Marie Darrieussecq. Ce roman raconte l’histoire d’amour entre Solange, française, et un homme noir, acteur, Camerounais, qui a le projet de porter à l’écran « Cœur des Ténèbres » de Joseph Conrad – « à sa façon ». L’histoire bien écrite se déroule dans le milieu glamoureux de Hollywood. Cependant, selon Barbara, environ après 200 pages, le rythme du livre s’aplatit et l’intrigue devient fort prévisible. En somme, une lecture assez légère et divertissante mais qui manque un peu de profondeur à la fin.

Rossana nous a présenté « Le bleu des abeilles » de Laura Alcoba, livre considéré comme une des surprises de cette rentrée. Ce roman autobiographique raconte une césure importante dans la vie de l’auteur, qui à l’âge de 10-11 ans a dû quitter son pays d’origine, l’Argentine, en fuyant la dictature pour s’installer en France avec sa mère, mais en laissant derrière elle son père, qui est en prison. Deux relations sont au cœur de son récit: la découverte de la France et de la langue française, avec beaucoup de désillusion, car elle se retrouve pas dans la prestigieuse ville de Paris mais dans sa banlieue, et le maintien du contact avec le père, par lettres, et par une lecture commune de livres par père et fille.

Johannes a choisi « Les saisons de Louveplaine », de Cloé Korman, jeune écrivaine de 30 ans, qui ne pourrait pas être plus contemporain, puisqu’il met en scène la vie triste et difficile des immigrés dans la banlieue parisienne. L’histoire porte sur Nour, une jeune Algerienne, qui arrive à Louveplaine, ville imaginaire de la Seine-Saint-Denis (93), pour y chercher son mari Hassan, qui y essaie depuis trois ans de leur construire un avenir, mais de qui elle n’avait plus de nouvelles depuis un mois. Pendant les saisons froides d’automne et d’hiver, Nour se fait des amis toujours avec le but d’apprendre le sort de son mari. Le roman pourtant bascule de cette intrigue principale à un portrait plus général de la vie en banlieue, et au sort d’un autre personnage, le jeune Malien Sonny. Ceci semble symboliser pour Johannes le contraste entre les rêves et ambitions des immigrés et la réalité brutale avec des évolutions imprévisibles. Un roman intéressant, riche et ambitieux, d’un style narratif parfois compliqué, qui pourtant déçoit aussi sur certains points.

Stéphane a présenté « Utopia » de l’auteur égyptien Ahmed Khaled Towfik. Ce roman, publié en arabe en 2009, puis récemment en français, nous transporte dans un futur imaginaire, bien que pas tellement lointain (2023), dans lequel il n’y a plus de classes moyennes. Les riches vivent en isolation dans des communautés fermées et sécurisées. La jeunesse s’y ennuie et se livre soit à la consommation de drogues, soit à un « sport » macabre, la « Chasse », qui consiste à franchir les limites et à tuer une personne dans le monde pauvre pour rapporter une partie de son corps en trophée. Le roman thématise le conflit entre riche et pauvre, mais expérimente aussi à imaginer une Égypte disparue dans un monde où le pétrole n’existe plus comme source de richesse. A noter que le roman est paru avant le Printemps arabe.

Johannes