Archives Mensuelles: juillet 2013

La littérature latino-américaine: compte rendu de la rencontre

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La séance sur la littérature latino-américaine s’est déroulée un après midi de printemps – un des rares ici à Bruxelles – chez Julie. Le thème de la séance a servi plutôt de cadre et nous a donné la possibilité d’aborder des thèmes divers d’une façon, dirai-je, dichotomique… certains auteurs et thèmes – le réalisme magique en particulier – ont été en effet appréciés par quelqu’un et pas du tout par d’autres. Personne est resté indifférent et les livres nous ont donné des fortes émotions – soit négatives soit positives.

Mais commençons dès le début ! Une brève introduction historique a encadré les phases et les mouvements littéraires du continent :

  • Phase précolombienne
  • Phase coloniale
  • Modernisme : fin XIX – début XX, le premier mouvement authentiquement latino-américain et relativement indépendant des mouvements européens et nord-américains.
  • Boom de la littérature latino-américaine et post-modernisme : entre les années 50 et 60, mouvement parallèle au développement économique et social du continent. Les principales caractéristiques sont les expérimentations linguistiques, le mélange des styles, la technique du monologue intérieure, la distorsion du temps et la non-linéarité des événements, la critique sociale et politique. Associé au boom, le réalisme magique est une courante littéraire qui a beaucoup de succès parmi les auteurs du continent ; l’élément magique et de légende est toujours présent, les plans astrales et physiques jouent entre eux tout comme le passé et le présent, les détails sensoriels sont importants et la critique sociale-politique aussi.
  • Post-boom : rupture avec le réalisme magique.

Voila les livres présentés :

Gabriel García Márquez a été choisi par Rossana, Julie, et Barbara qui ont lu en ordre « Pas de lettres pour le Colonel », « Le noyer le plus beau du monde » et « Chronique d’une mort annoncée ». Le premier roman cité ne fait pas partie du réalisme magique mais est une histoire très réaliste et très dramatique sur la situation de pauvreté extrême d’un couple de vieilles personnes : Rossana n’a précisément pas aimé le désespoir qu’elle a vu dans cette histoire, par contre Julie, qui l’a lu aussi, a apprécié le réalisme et la dignité du vieux protagoniste.

« Le noyer le plus beau du monde » (Julie), qui fait parti du réalisme magique, est l’histoire d’un village qui se remet à neuf pour accueillir et bien enterrer un beau et mystérieux cadavre. « Chronique d’une mort annoncée » (Barbara) est un roman policier qui se base sur la recherche du motif du crime plutôt que du coupable qu’on connaît dès le début.

« Le monde au but du monde » est un roman écologique de Luis Sepúlveda présenté par Katja qui souligne, au delà de l’histoire, comme la nature et la relation avec la nature est le motif de développement intérieur du protagoniste.

Marco nous parle de « La maison aux esprits » d’Isabelle Allende, qui raconte l’histoire des femmes d’une même famille de la grande mère bourgeoise à la nièce contestatrice. Il existe un élément magique, par exemple dans les capacités extra – ordinaires de la grand-mère, et une certaine attention à la situation et changements sociaux. Le style est un peu lent, ce qui est partagé par Lucia qui a lu « La fille de la fortune » de la même autrice. Le roman, qui est une espèce de suite de « La maison aux esprits », raconte l’histoire d’une fille qui grandit entre la rigide éducation victorienne et les magies et les légendes de la gouvernante.

Encore une histoire des femmes celle lue par Vitalba dans « Diez mujeres » écrit en 2011 par Marcela Serrano. A travers le compte des femmes qui se rendent chez le médecin, femme aussi, l’écrivain aborde un thème important, celui de la situation féminine au Chili, sans pour autant perdre un style léger et agréable.

Flavia nous parle du roman qui est considéré comme l’exemple des tendances littéraires de la période du boom de la littérature latino-américaine : il s’agit de « Marelle », ou « Rayuela » en espagnol, de Julio Cortazar. Le roman est intéressant tant du point de vu du style (distorsion du temps, monologue intérieur, plans astrales, …) et de la structure (l’auteur propose deux façons de lire le bouquin), que du point de vu du contenu (la recherche de … quelque chose !) et tous les participants se montrent intéressés par ce roman spécial, tant que le débat-même suggère de dédier une séance aux avant-gardes littéraires.

Stéphane nous fait découvrir Mario Benedetti et sa recueille de nouvelles, simples et fortes au même temps, « Histoires de Paris », titre qui témoigne le fait que l’auteur a vécu longtemps dans cette ville pendant la dictature dans son Pays, Uruguay. L’exile politique ou l’immigration en Europe sont effectivement des éléments communs à plusieurs écrivains déjà cités ici.

Silvia et Johannes nous amènent au Brésil avec « Sudore » de Jorge Amado et « O albatros azul » de Joao Ubaldo Ribeiro. Ce dernier est un livre sur la vie et la mort, sur la renaissance et la réincarnation : Johannes explique comme le coté magique et surnaturel est un thème centrale du roman où ils sont présents au même temps légendes et mythes ésotériques et religion catholique.

En contraste avec la magie de Joao Ubaldo Ribeiro, Silvia présente « Sudore » de Jorge Amado, une recueille de nouvelles qui se déroulent dans la même rue du quartier Pelourinho à Bahia. Les histoires révèlent la difficulté des habitants de trouver un travail et satisfaire les besoins primaires de la vie comme manger. C’est une réalité dure et décrite avec réalisme : la sueur du titre fait référence en effet à la sueur du travail.

Les discussions sur un livre ou un autre, sur un même auteur ou un mouvement littéraire, nous ont fait retrouver certains motifs littéraires récurrents dans plusieurs auteurs qui d’ailleurs ressortent des Pays et contextes différents et qui ont des styles narratifs différents :

  • Critique sociale et politique qui se reflète dans les biographies des écrivains (souvent personnellement engagés en politique) ;
  • Un rapport assez violent avec le pouvoir, ce qui est dû aussi à l’histoire politique des plusieurs pays du continent : régimes autoritaires, coups d’état, révolutions armées, etc.… Les écrivains critiquent dans leurs romans la situation politique de leur pays, souvent ouvertement contre le régime du moment, dénoncent la condition dans laquelle les gens de leur pays vivent, ou survivent ;
  • Fort lien avec l’Europe, Paris en particulier, dans les romans (personnages exilés en Europe pour raisons politiques ou simplement émigré sous l’espoir de trouver quelque chose ou sous la fascination de Paris) tout comme dans la vie des plusieurs auteurs qui ont longtemps vécu en Europe ;
  • La présence d’une nature forte au rythme de laquelle l’homme – le personnage adapte sa vie et ses actions ; le soleil et la chaleur insupportable, les forêts des caraïbes, la mère violente, les animaux parfois sages, la pluie incessante.

Flavia

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