Archives Mensuelles: juin 2013

13ème rencontre: l’écrivain engagé

Par défaut

Quand Albert Camus disait, « L’écrivain doit s’engager », il y avait une prétention derrière. La prétention que l’écrivain est une conscience morale particulière et qu’il a un rapport direct avec la société, qu’elle le regarde dans les yeux.
C’est quoi, alors, un écrivain? Camus il le présente comme ça quand en 1974 il reçoit le prix Nobel pour la littérature, « Dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte autant qu’il peut les deux charges qui font la grandeur de son métier ; le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression. »

L’engagement reste-il une ambition pour l’écrivain du XXIe siècle ? Est-ce qu’on écrivain doit forcément être un écrivain engagé ? Qu’est-ce que signifie littérature engagée ? Sartre nous dit que « la littérature engagée » doit se consacrer la situation socio-culturelle, socio-économique, socio-politique – en un mot la condition humaine. Dans ce sens, « la littérature efficace, c’est la littérature qui entraîne 1’homme vers l’amélioration de la condition des hommes et vers l’humanité ». L’écrivain est donc au centre des événements de son temps.

Et aujourd’hui ? Qu’est-ce que c’est l’engagement pour un écrivain ?

Pasolini a répondu à cette question de la manière suivante : «  L’engagement, pour moi, c’est d’abord une conscience lucide du choix que l’on fait ; tout est question de dosage dans une conduite qui doit tendre à utiliser la société constituée, tout en la servant le moins possible : une sorte de bras de fer »
Pour Annie Mignard l’écrivain c’est d’abord un être humain, « un peu plus humain que les autres. Oui c’est ça. Je dis: un peu plus humain que les autres, c’est-à-dire qui reste davantage devant les problèmes que sa vie ou la vie lui pose, qui les regarde en face davantage, qui les prend dans ses mains, qui se les collette – mais pas un rôle social. Pour moi, un écrivain est la suite de cette idée: un être humain.
Je vous invite à discuter ensemble autour de cet interrogatif qui a accompagné les écrivains depuis la nuit des temps….
Cette liste n’est ABSOLUMENT pas exhaustive!!!

Littérature Russe
Soljenitsyne Alexandre Issaïevitch, « L’Archipel du Goulag (tomes I et II) » 1974
Soljenitsyne Alexandre Issaïevitch, « Les Invisibles » 1992
Mikhail Pavlovich Shishkin, “One Night Befalls Us All / Всех ожидает одна ночь, novel 1993
Mikhail Pavlovich Shishkin, “The Taking of Izmail / Взятие Измаила, novel”, 1999
Olga Slavnikova, « l’Immortel », 2004
Zakhar Prilepine, Des chaussures remplies de vodka chaude, 2011
Zakhar Prilepine, Pathologies, 2007
Sofi Oksanen, « Purgeé 2008

MONDE ARABE

Syrie
Khaled Khalifa The Gypsy Notebooks[3] (Dafatir al-Qurbat), 2000
Khaled Khalifa , The Guard of Deception[3] (Haris al-Khadi’a), 1993
Khaled Khalifa, “Eloge de la Haine”, 2008
Nihad Sirees, “Silence et tumult”, 2004
Robin Yassin-Kassab, “Le traitre”, 2008

Lyban
Toufic Youssef Aouad, “Dans les meules de Beyrouth”, 1972
Hannan el-Cheikh, « Toute une histoire », 2005
Alexandre Najjar, « Le roman de Beyrouth », 2005

Egypte
Khaled Al Khamissi, Taxi (2007)
Khaled Al Khamissi, Noah’s Ark (2009)

Libie
Ibrahim al-Koni, The Seven Veils of Seth, 2008
Ibrahim al-Koni, Anubis: A Desert Novel.
Ibrahim al-Koni, Gold Dust, 2008

Algérie
Boualem Sansal, “Le Serment des barbares » 1999
Boualem Sansal , Dis-moi le paradis, Gallimard, 2003
Boualem Sansal , Harraga, 2003
Boualem Sansal , Le village de l’Allemand, 2008
Boualem Sansal , Rue Darwin, 2011
Yasmina Khadra – « Ce que le jour doit à la nuit » – 2008
Yasmina Khadra – « A quoi revent les loups » – 2000
Yasmina Khadra – « De l’autre coté de la ville » 1998

Maroc
Mohammed Berrada, “L’ubat al-Nisyan (the game of forgetting) (Rabat: Dar al-Aman, 1986Tahar Ben Jelloun, “Harrouda (1973);
Tahar Ben Jelloun, “Harrouda (1973)
Tahar Ben Jelloun, “Leaving Tangier” (2009)
Tahar Ben Jelloun “L’écrivain public”  – 1993
Abdelkarim Jouaiti, Platoon of Ruin was longlisted for the Arabic Booker Prize in 2009
Taia Abdellah « Le rouge du tarbouche » – 2006
Taia Abdellah – « Une melancolie arabe » – 2008
Taia Abdellah – “Mon Maroc” – 2000

Italie
Elsa Morante, La storia (History, 1974);
Alberto Moravia, Gli indifferenti (Time of Indifference, 1929);
Alberto Moravia Il conformista (The Conformist, 1947)
Pier Paolo Pasoloni, “Una vita violenta (A Violent Life, 1959)
Pier Paolo Pasoloni Il sogno di una cosa (1962)
Pier Paolo Pasolini Scritti corsari (1975)
Primo Levi, “Se questo é un uomo”, 1947
Primo Levi, “Storie Naturali” 1966
Primo Levi, “Vizio di Forma” 1971
Primo Levi, “La chiave a stella” 1978
Italo Calvino, “Il barone rampante”, 1957
Italo Calvino, “Se una notte d’inverno un viaggiatore”, 1979
Leonardo Sascia, “À chacun son dû (1966)
Leonardo Sascia, « Candide ou Un rêve fait en Sicile (1977)
Roberto Saviano, « Gomorra : Dans l’empire de la camorra [« Gomorra. Viaggio nell’impero economico e nel sogno di dominio della camorra »], Gallimard, 2007 »
Roberto Saviano Le combat continue : Résister à la mafia et à la corruption [« Vieni viacon me »], Robert Laffont, 2012
Niccolo Ammaniti, Je n’ai pas peur, 2002 ;
Niccolo Ammaniti, Comme Dieu le veut, 2008

Espagne
Camilo José Cela, La familia de Pascual Duarte, 1942
Carmen Laforet, Nada, 1945
Luis Romero, La noria, 1951
Rafael Sánchez Ferlosio, El jarama, 1956,
Jesús Fernández Santos, Los bravos, 1956,
Ignacio Aldecoa, El fulgor y la sangre, 1954

France
Louis Aragon, « Le paysan de Paris, 1926
Simone de Beauvoir, Tous les hommes sont mortels, 1946
Simone de Beauvoir L’Invitée, 1943,
Julien Benda Discours à la nation européenne, 1933
Camus L’Étranger, 1947
Camus, La chute, 1956

OTHERS
Thomas Mann, Death in Venice (Der Tod in Venedig), 1912
Bertold Brecht, La Vie de Galilée (Leben des Galilei), 1938
George Orwell, Animal Farm, 1945
George Orwell, 1984, 1948
John Steinbeck, Des souris et des hommes (Of Mice and Men), 1937
John Steinbeck La Grande Vallée (The long valley), 1938
Sevtlana Velmar-Jankovic, « Le pays de Nulle part », 2000
Nahal Tajadod, « Elle joue », 2012

Publicités