Archives Mensuelles: février 2013

10ème rencontre: l’Asie

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Pour la prochaine soirée du Canapé littéraire, je vous propose de parler de l’Asie, plus précisément de l’Asie de l’est, notamment la Chine, le Japon et la Corée.

La Chine est considérée comme la première puissance de l’avenir, et attire beaucoup d’intérêt sur tous les plans : politique, économique et aussi culturel.

En 2012, le Prix Nobel de Littérature a été décerné pour la première fois à un auteur vivant dans la République populaire de Chine : Mo Yan. Voici quelques-uns de ses titres :

Mo Yan : « Le Clan du sorgho », « Le pays de l’alcool », « Le Supplice du santal », « La dure loi du karma », « Beaux seins, belles fesses », « Grenouilles ».

Ce choix a provoqué beaucoup de débat, dans la mesure où certains parmi les intellectuels chinois et occidentaux, considèrent Mo Yan comme un écrivain fidèle au régime communiste, qui se laisse instrumentaliser et ne critique pas la situation politique de son pays. D’autres le défendent en renvoyant vers le caractère apolitique du Prix Nobel ou bien aux descriptions de la société chinoise dans les romans de Mo Yan, qui sont en fait assez critique. Il semble que chacun doit se faire une opinion soi-même.

Pour ceux qui préfèrent lire des représentants sans doute plus critique vers leur pays, on pourrait suggérer :

Yan Lianke : « Rêve du village des Ding », « Servir le peuple ».

Yan Lianke, auteur satirique, vit toujours en Chine, mais certains de ses livres les plus importants, dont les deux précités, sont interdits.

Liao Yiwu : « The Corpse Walker ».

Liao Yiwu écrit des livres plutôt journalistiques, et pas de romans. Il a reçu l’important Prix de la paix des libraires allemands en 2012. Par ailleurs, il sera à Bruxelles le 21 mars, dans le cadre du Festival Passa Porta.

Plusieurs auteurs d’origine chinoise, qui vivent à l’étranger et qui, en partie, écrivent dans la langue de leur exile, peuvent également vous intéresser :

Gao Xingjian : « La montagne de l’âme ». (Prix Nobel 2000)

Qiu Xiaolong : romans policiers dont l’histoire se déroule à Shanghai, p.ex. « Mort d’une héroïne rouge ».

Dai Sijie : « Balzac et la petite tailleuse chinoise », « Le complexe de Di ».

Shan Sa : « La joueuse de go », « Les quatre vies du saule », « Impératrice ».

Parmi les auteurs japonais, on pourrait songer à :

Haruki Murakami : « Kafka sur le rivage », « 1Q84 », « La Ballade de l’impossible », « Le Passage de la nuit », etc. etc.

Kenzaburō Ōe : « Une affaire personnelle » (Prix Nobel 1994)

Yasunari Kawabata : « Pays de neige », « Le Grondement de la montagne », « Les Belles Endormies ». (Prix Nobel 1968)

Yukio Mishima : « Le Pavillon d’or », « Après le banquet ».

Natsume Sōseki : « Je suis un chat », « Le pauvre cœur des hommes »

La littérature coréenne est moins connue. Les très belles Éditions Zulma ont récemment publié une série de romans d’auteurs coréens:

Lee Seung-U : « La vie rêvée des plantes »

Hwang Sok-yong : « Le Vieux Jardin », « Shim Chong, fille vendue ».

Eun Hee-kyung : « Les Boîtes de ma femme »

Finalement, il convient de noter que l’Asie de l’est est depuis longtemps aussi une région qui fascine les auteurs occidentaux. Citons quelques auteurs de langue française :

Paul Claudel : « Connaissances de l’est ».

Amélie Nothomb: « Stupeur et tremblements ».

Maxence Fermine : « Neige ».

Jean-Philippe Toussaint : « Faire l’amour ».

Hubert Haddad : « Le Peintre d’éventail ».

Bonne lecture !

Johannes

3 livres du 2012: Flavia

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Le 2012 a été une année littéraire très importante pour moi surtout parce que j’ai pu voir la naissance du Canapé Littéraire. L’année passée Katja et moi discutions souvent du besoin de partager nos lectures avec des autres et découvrir des auteurs et des titres… et voilà que le Canapé naît et que nous pouvons finalement enrichir nos lectures !

Le bénéfice du Canapé a été soudain : je lis beaucoup plus, avec conscience et esprit critique accrus ; je connais plus d’auteurs grâce à l’écoute des participants et grâce au précieux travail bibliographique fait par les responsables de la préparation de chaque Canapé.

Grâce donc au Canapé et aux Canapéeens, j’ai lu des très beaux livres dont il m’est difficile d’en choisir trois… En excluant les livres présentés au Canapé et ceux décrits sur le blog dans le post sur les livres d’été (parmi lesquels il y a Mémoires d’Adrien de Marguerite Yourcenar qui est une des Œuvres plus importantes que j’ai lue cette année), je voudrais exposer ici les romans suivants:

« Brooklin follies » de Paul Auster. J’étais quelque peu préoccupée avant de commencer ce livre car ma précédente rencontre avec M Auster n’a pas été trop « fluide »… mais Brooklin follies est vraiment un beau roman d’espoir ! Autour du protagoniste dansent des personnages embrouillés, fatigués, parfois désespérés, qui toutefois arrivent à reprendre leurs vies en main, sortir du désespoir et du drame et essayer reconstruire quelque chose, tout comme le fait le protagoniste juste avant l’attaque terroriste à New York en 2001. Le seul point faible que j’ai trouvé, mais qui est commun à beaucoup de beaux romans, est la quantité excessive des drames : enfin ce n’est pas possible que tout cela arrive dans la même famille !

« A visit from the goon squad » de Jennifer Egan. Il a plusieurs points en commun avec Brooklin follies : c’est un roman d’espoir qui montre qu’avec le temps on peut sortir des pires drames et des pires erreurs, à condition que l’on veuille vraiment ! Comme le roman ici à haut, il s’agit d’une épopée américaine, les personnages sont entièrement des américains qui se déplacent sur des grandes distances américaines, dans la (ou les) société américaine et surtout dans le Pays Des Possibilités. Si vous aimez les drames vous ne serez déçus non plus : la réalité décrite, sexe drogue & rock ‘n’ roll, est misérable et amère et parfois dégoute… pourtant elle existe ! La caractéristique peut-être plus intéressante est représentée par le choix de narration qui demande au lecteur de reconstruire soi-même ce qui n’est pas raconté à cause de sauts de temps, d’espace et des personnages faits à chaque chapitre.

« La course au mouton sauvage » de Haruki Murakami. L’idée de base est magnifiquement et simplement absurde – un mouton qui habite des corps humains pour créer et gérer du pouvoir – mais elle se transforme dans une réflexion sur la mécanique perverse du pouvoir. Le génie est justement dans l’absurdité du binôme mouton (qu’est-ce qu’il y a de plus pacifique au monde ?)/pouvoir (qu’est-ce qu’y a-t-il de plus pervers au monde ?). La narration simple et détaillée s’accompagne à des événements toujours suspendus entre le réel et l’irréel : un plaisir pour ceux qui aiment la fantaisie et les petites surprises narratives.

Flavia