Séance 43 du Canapé: Guerre et littérature.

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Avec l’amour, la guerre est peut être l’un des plus anciens thèmes de la littérature.  De la Grèce antique (L’Iliade) aux livres écrits sur les conflits contemporains, la liste des livres parlant de la guerre est sans fin.
Si de très nombreux romans se veulent de témoigner directement de la guerre en la laçant au centre du récit, elle est aussi un motif récurrent dans tous les types de littérature. Du roman historique (Guerre et Paix) au roman d’amour (Un long dimanche de fiançailles) en passant par le fantastique et la science-fiction (La guerre des mondes)… On peut aussi penser à la série de romans policiers de James Lee Burke, avec son personnage de flic vétéran du Vietnam (Dans la brume électrique avec les morts confédérés), ou aux romans centrés autour de réfugiés/émigrés et de leur famille  (Middlesex).
A cette richesse de forme s’ajoute l’universalisme du thème, que l’on retrouve dans les
littératures du monde entier, permettant non seulement de mieux comprendre des enjeux qui peuvent nous échapper par le biais seul de l’histoire, mais également des regards croisés fascinants sur un même conflit.
Afin de vous guider dans votre choix et votre lecture, voici quelques pistes de réflexion
supplémentaires:

  • quel est le type de littérature?  fiction, roman autobiographique, journal, correspondances écrites durant une guerre, pièce de théâtre, poème…?
  • l’auteur a-t-il un lien direct avec la guerre? Est-il lui-même un vétéran, une victime, un témoin, un historien….?
  • les personnages sont-ils eux-mêmes des soldats, des civils, des dirigeants, des membres de la famille…?
  • si la guerre est le thème principal du livre, quel en est le but? témoignage, pacifisme,
    patriotisme, exaltation de l’héroïsme…?
  • quel est le « positionnement » du lecteur? fascination avec la guerre, respect, colère, volonté d’apprendre, de comprendre…?
Dresser une bibliographie exhaustive étant impossible, je vais me borner à vous proposer des ouvrages qui m’ont particulièrement marqués:
Série de bandes-dessinées de Jacques Tardi sur la 1ere guerre mondiale et notamment:
C’était la guerre des tranchée, Putain de guerre ou Le dernier assaut.
Tardi décrit la guerre comme une boucherie insensée et un gâchis humain, et est résolument anti-nationaliste. C’est étrangement le premier « livre » qui me soit venu à l’esprit lorsque je préparais la bibliographie. J’y vois là la force des visuels de Tardi qui montre de façon frontale toute l’horreur physique et mentale de la guerre.
Catch-22 de Joseph Heller
Je l’avais présenté au canapé sur les classiques. Un monument de la littérature américaine, et un chef d’œuvre satirique sur la 2ème guerre mondiale.
Tout est illuminé (Everything Is Illuminated) de Jonathan Safran Foer.
Récit autobiographique d’un jeune juif américain qui voyage en Ukraine pour retrouver la
femme qui a sauvé son grand-père de l’Holocauste.  Les parents de l’écrivain sont des
survivants de la Shoah d’origine polonaise.
La Débâcle, Emile Zola
Sur la guerre franco-prussienne de 1870 et la Commune de Paris. Un récit très dur sur la
brutalité de la guerre, et qui montre bien ses ravages sur la vie des gens ordinaires.
Chronique du règne de Charles IX, de Prosper Mérimée
Roman historique sur le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) et plus largement sur les
guerres de religion opposant catholiques et protestants. Prosper Mérimée est très précis dans sa reconstitution historique, et critique ouvertement l’intolérance religieuse qui sévit jusque dans les foyers.
Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot
Roman d’amour et roman historique suivant une jeune femme à la recherche de son fiancé
donné pour mort dans les tranchées de la 1ere guerre mondiale  (adapté au cinéma par Jean-Pierre Jeunet).
À l’Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues) de Erich Maria Remarque
Encore sur la 1ère  guerre mondiale, un roman pacifiste qui suit un jeune soldat allemand.
L’auteur devra quitter l’Allemagne à cause de son pacifisme (également adapté au cinéma,
oscar du meilleur film en 1930).
Suite Française, Irène Némirovsky
Grand succès littéraire, ce roman (en fait deux romans, sur cinq initialement projetés) décrit la France aux débuts de l’occupation par l’armée allemande. L’auteur meure à Auschwitz en 1942 sans finir son œuvre, qui ne sera publiée qu’en 2004.
La Chambre des officiers, Marc Dugain
Sur le phénomène des « gueules cassées », ces soldats défigurés lors des combats de la 1ere
guerre mondiale et qui doivent refaire leur vie tant bien que mal.
Les Cerfs-volants de Kaboul (The Kite Runner), de Khaled Hosseini,
Un autre grand succès littéraire, ce roman raconte l’histoire d’un jeune Afghan, depuis
l’invasion soviétique jusqu’à la montée du régime taliban. L’auteur est né en Afghanistan, et sa famille s’est exilée aux Etats-Unis en 1980.
La Route étroite vers le Nord lointain (The Narrow Road to the Deep North) de Richard Flanagan
Mon choix pour le canapé: roman traitant notamment de la vie des prisonniers de guerre
travaillant à la construction d’un chemin de fer entre la Birmanie et la Thaïlande lors de la
2eme guerre mondiale.

Session 42: Merlin, le Roi Arthur et le Graal

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Bien des grandes mythologies font partie du patrimoine immatériel de l’humanité.

Nous comptons parmi elles les Védas hindoues, la Torah hébraïque, le Gilgamesh assyro-babylonien, l’Odyssée grecque, les Edda scandinaves pour n’en citer que quelques-unes. Certaines mythologies sont plus difficiles à saisir que d’autres, car elles sont plus changeantes et plus soumises aux péripéties de l’histoire.

Il en est ainsi du mythe du Roi Arthur et de celui de Merlin, distincts au départ. Ces deux mythes sont issus d’une culture disparue, celle des Celtes. Cette culture a été petit à petit effacée de la carte, essentiellement pour trois raisons : son mode oral de transmission, la défaite des Celtes face à Rome et l’implantation de la religion chrétienne dans le nord de l’Europe. Quelques mythes ont survécu, ils étaient utiles à la nouvelle religion dans une des tentatives de re-moraliser la chevalerie.

Pendant longtemps on a voulu ignorer que l’abondante littérature médiévale, connue sous l’appellation de « cycle arthurien » ou de « romans de la Table Ronde », écrite en latin mais aussi en français, en anglais, en occitan, en italien, en allemand et en scandinave, tire ses sources d’une tradition celtique bien plus ancienne. Des bribes de cette tradition sont retrouvées grâce aux progrès de la philologie : d’innombrables épopées irlandaises écrites en gaélique et des récits écrits en langue galloise ont enfin pu être déchiffrés.

Le mythe du Roi Arthur.

Le mythe le plus ancien est probablement celui du Roi Arthur. Ne nous méprenons pas : tant le mythe de Merlin que celui du Roi Arthur reposent sur des mythes celtes bien plus anciens dont ils ne sont que la cristallisation. Arthur est un personnage historique autour de l’an 500 de notre ère. C’est un chef de guerre louant ses services aux rois bretons dans leur guerre contre les saxons. Cette guerre se faisait dans l’île de Bretagne. On était à la fin de l’Empire romain et au début de la civilisation mérovingienne en ce qui concerne le continent. Le plus juste serait d’imaginer cet Arthur revêtu d’un uniforme romain du Bas-Empire plutôt que de le décrire sous l’aspect d’un roi Plantagenêt du XIIe siècle. Son champ d’action a été essentiellement le Cornwall avec la fameuse forteresse de Tintagel, le Devon, le Somerset, la fameuse île d’Avalon, le sud du Pays de Galles, et le pays autour de Carlisle (le Carduel des romans arthuriens). Bien des forteresses romaines étaient encore utilisées. Les victoires d’Arthur jointes à sa fin tragique en face d’un rival et à la sombre période qui s’ensuit ont cristallisées des mythes dormants plus anciens. Le rival est devenu le Mordret de la version dite cistercienne de la légende.

Le mythe de Merlin.

Le mythe de Merlin, prophète et enchanteur, daterait de la fin du Vie siècle et se fondrait sur un personnage réel. Il s’agirait d’un petit chef de tribu, Laï-loken, devenu fou et sage à la fois suite à une bataille. Merlin est l’enfant qui parle, le fou plein de sagesse, le grand magicien, le maître de la nature, mais aussi un prêtre issu du paganisme, un fils d’un démon incube.

Le couple Merlin-Arthur.

Arthur et Merlin ont très vite été jumelés en un corpus mythologique unique.

Le Graal.

Le Graal de Chrétien de Troyes (fin du XIIe siècle) ou de Wolfram von Eschenbach (XIIIe siècle) ne sont que le sommet de l’iceberg d’une littérature antérieure abondante. Le Graal prend différentes formes. Du chaudron d’immortalité celte, il devient récipient indéfini, puis un calice ou encore une écuelle. C’est en 1205 que se définit le dogme chrétien de la transsubstantiation, la remise au jour de légendes du Graal n’est pas un hazard.

Moraliser la chevalerie.

Toute guerre est une barbarie, c’est un pléonasme que de l’écrire. Le christianisme a eu bien des torts, dont celui d’avoir voulu éradiquer par la violence toute pensée en contradiction avec lui. Mais il a aussi eu des mérites que l’on oublie trop souvent. Plusieurs fois il a fait des tentatives pour moraliser la chevalerie et les règles de combat. Les « romans de la Table Ronde » en furent une des multiples tentatives…

Des mythes remis au goût du jour.

Aujourd’hui Merlin, le Roi Arthur et le Graal ont été introduits dans plein de récits contemporains. On les retrouve jusqu’à l’autre bout du monde.

Quelques livres suggérés

Les classiques que je recommande :

« Perceval ou le Conte du Graal » de Chrétien de Troyes, éditions Poche

« Le Livre du Graal », anonyme, Bibliothèque de la Pléiade, trois tomes.

Cet excellent ouvrage est très complet sur la question du Graal et des mythes arthuriens. Voir http://www.humanite.fr/node/423085

« Le cycle du Graal » de Jean Markale, éditions « J’ai lu », quatre tomes : « La naissance du roi Arthur », « Les chevaliers de la Table Ronde », « Lancelot du Lac », « La fée Morgane ». Entre roman et reconstitution historique d’anciens mythes.

« La légende arthurienne – Le Graal et la Table Ronde » éditeur Robert Laffont

Mon coup de cœur :

« Le cycle de Merlin » de Mary Stewart, Le livre de poche, trois tomes : « La grotte de cristal », « Les collines aux mille grottes », « Le dernier enchantement ».

C’est une approche très subtile du mythe, les personnages sont terriblement attachants, on regrette quand l’histoire se termine. L’histoire est extrêmement cohérente, c’est une reconstitution homogène et crédible d’un matériel très disparate au départ. Entre roman et reconstitution historique d’anciens mythes.

Romans :

« Les Dames du lac » et « Les brumes d’Avalon » de Marion Zimmer Bradley, aux éditions Pygmalion.

Trois tomes, Emmanuèle Baumgartner, Éditeur Honoré Champion : « Lancelot », « La Quête du saint Graal », « La Mort du roi Arthur ».

« Graal – Le chevalier sans nom » de Christian de Montella, suivi de « Graal – La neige et le sang » éditions Castor Poche, livres jeunesse. Au moins quatre tomes.

« Le Cycle de Pendragon », de Stephen R. Lawhead, cinq tomes, Le Livre de Poche, fantasy.

« Perceval ou le conte du Graal », de Anne-Marie Cadot-Colin & Chrétien de Troyes (sic !) Livre de Poche Jeunesse.

Roman policier :

« L’Empire du Graal », Giacometti et Ravenne, édition JC Lattès

Il y a surement encore plein d’autres livres que je n’ai pas répertoriés, tout apport est le bienvenu ! Je vous ai épargné les livres ésotériques sur la question ; il y a plein de choses très farfelues et un peu indigestes dans ce genre particulier…

Bonne lecture !

Eric

40e rencontre du Canapé littéraire : La rentrée littéraire 2016

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Plus que dans tout autre pays, en France, le monde littéraire concentre son attention sur la période septembre-octobre quand la plupart des nouveaux livres paraissent. Ainsi, la « rentrée littéraire » est célébrée comme un événement annuel, avec des numéros spéciaux des journaux et magazines, et naturellement la panoplie de prix littéraires avec ses étapes de la première sélection au décernement solennel au début du mois de novembre. Cependant, si on ne s’occupe pas professionnellement de la littérature contemporaine, on n’a souvent pas le temps de se faire une idée des nombreuses nouveautés à découvrir.

C’est pourquoi nous avons décidé de consacrer aussi cette année une session du canapé littéraire à cet événement littéraire incontournable, et de lire et présenter chacun un de ces nouveaux livres, en grand format, qui se trouvent en grand piles dans les librairies, souvent sur une table spéciale « rentrée littéraire ». Ainsi, nous pourrons avoir une bonne première impression personnelle des nouveautés de cette année.

Pour choisir, le plus efficace serait de se rendre dans une librairie et de juste feuilleter les livres et d’en consulter les quatrièmes de couvertures. Cependant, sur la base des premières sélections des prix littéraires les plus importants, je vous indique également quelques suggestions ci-dessous, en ordre alphabétique, avec les nominations entre parenthèses.

Si vous cliquez sur les titres (Ctrl+), vous arriverez sur les pages de présentation de l’éditeur, et de plus, j’ai ajouté quelques mots clés pour chaque titre, selon ce que j’ai pu comprendre des quatrièmes de couverture. J’espère ça vous aidera de faire votre choix.

Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard) (sélections : Goncourt, Medicis, Femina) – jeunesse, île de Mayotte, violence du quotidien.

Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde (Grasset) (sélections : Goncourt) – île grecque, projets, enfant autiste, homme retraité.

Sophie Avon, Le vent se lève (Mercure de France) (sélections : Renaudot, Femina) – couple, voyage en bateau jusqu’au Brésil.

Hugo Boris, Police (Grasset) (sélections : —) – quotidien de la police, reconduction à la frontière.

Jean-Marc Ceci, Monsieur Origami (Gallimard) (sélections : —) – premier roman, Japon/Italie, mémoire, amour impossible.

Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois (Actes Sud) (sélections : Goncourt) – membre de Zebda, maghrébins en France, identité, jeunesse.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le Dernier des nôtres (Grasset) (Lauréate : Filigranes, sélections : Renaudot, Académie française, Interallié) – New York, 1969, Dresde 1945, deux frères ennemis, amours impossibles.

Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait (Gallimard) (sélections : Goncourt, Renaudot, Femina, Décembre, Interallié) – mort d’un ami, Etats-Unis, psychologique.

Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard) (sélections : Goncourt, Medicis, Femina) – à travers les générations, relation homme/animal, élevage porcin.

Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard) (sélections : Renaudot, Décembre, Académie française) – autobiographique, femmes, décès de la mère, naissance/déclin/mort.

Eric Faye, Eclipses japonaises (Seuil) (sélections : —) – Faits réels, Japon, disparitions mystérieuses, Corée du Nord.

Gaël Faye, Petit pays (Grasset) (Lauréat : FNAC, sélections : Goncourt, Medicis, Femina, Académie française, Interallié) – Burundi/Rwanda, jeune garçon, guerre civile.

Laurent Gaudé, Écoutez nos défaites (Actes Sud) (sélections : —) – Agent secret français, archéologue irakienne, Beyrouth, temps, passé.

Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel) (sélections : Goncourt, Renaudot, Femina) – 1632, les démons de Loudun, exorcisme, politique, religion.

Nicolas Idier, Nouvelle jeunesse (Gallimard) (sélections : Medicis, Décembre) – Chine contemporaine, jeunesse à Pékin.

Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil) (lauréat : Le Monde ; sélections : Goncourt, Medicis, Décembre) – récit-essai, fait réel, jeune femme enlevée et assassinée, société.

Régis Jauffret, Cannibales (Seuil) (sélections : Goncourt, Renaudot) – roman épistolaire, mère et maîtresse d’un homme, conte cruel, amour.

Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion) (sélections : Femina, Interallié) – ville/campagne, solidarité/égoïsme, amour.

Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock) (sélections : Goncourt, Femina, Décembre) – accident de voiture, déclenchant une recherche, secrets de famille.

Simon Liberati, California girls (Grasset) (sélections : Renaudot) – Charles Manson, meurtre de Sharon Tate, hyper-réalisme.

Marcus Malte, Le garçon (Zulma) (sélections : Femina, Académie française) – enfant sauvage, à l’encontre du monde, de l’humanité.

Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit) (sélections : Goncourt, Medicis, Femina, Décembre) – mère/fils, voyage au Kirghizstan, recherche de soi.

Céline Minard, Le grand jeu (Rivages) (sélections : Medicis, Femina) – femme, comment vivre ?, nature.

Christine Montalbetti, La vie est faite de ces toutes petites choses (POL) (sélections : Medicis) – mission d’astronautes, vie quotidienne à la station spatiale, les dernières fois.

Alexandre Postel, Les deux pigeons (Gallimard) (sélections : —) – couple d’aujourd’hui, société française des années 2000.

Yasmina Reza, Babylone (Flammarion) (sélections : Goncourt, Renaudot) – bourgeoisie, drame, malentendu, solitude, couple.

Joann Sfar, Comment tu parles de ton père (Albin Michel) (Sélection : Décembre) – dessinateur BD, décès du père.

Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard) (sélections : Goncourt, Renaudot, Femina, Interallié) – couple, nounou, drame, dépendance d’autres personnes.

Laurence Tardieu, A la fin le silence (Seuil) (sélections : Renaudot) – vente de la maison d’enfance, mémoire familiale, attentats en France 2015.

Karine Tuil, L’insouciance (Gallimard) (sélections : Goncourt, Académie française, Interallié) – conflits de la société contemporaine, différents milieux, racisme, politique.

La liste n’est pas tout à fait complète, et bien sûr, comme toujours ce ne sont que des suggestions. Si vous voulez savoir plus sur les titres, je vous recommande le site web de l’Express, où il y a de nombreuses présentations des auteurs et des livres, avec beaucoup de liens.

Vous pouvez bien sûr aussi trouver d’autres titres qui ne sont pas considérés pour des prix littéraires, mais qui se vendent très bien.

Vous trouverez certainement encore d’autres sources de commentaires sur la rentrée, comme par exemple le site de Filigranes…

Je propose que nous choisissions des livres français, mais si vous ne trouvez rien d’intéressant, n’hésitez pas de présenter des nouveautés parus dans d’autres langues.

Bonne lecture !

Johannes

Littérature japonaise du XXe siècle

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Hideo FURUKAWA (Alors Belka, tu n’aboies plus ?)

Masuji IBUSE (La salamandre)

Takuji ICHIKAWA (Je reviendrai après la pluie)

Yasushi INOUE (Le fusil de chasse / Shirobamba / Le sabre des Takeda)

Ira ISHIDA (Call-boy)

Yasunari KAWABATA (Les belles endormies / Le Lac / Pays de neige)

Hiromi KAWAKAMI (Les 10 amours de Nishino, Les années douces)

Mieko KAWAKAMI (Seins et oeufs)

Mariko KOIKE (Je suis déjà venue ici)

Yukio MISHIMA (La mort en été / L’école de la chair)

Akira MIZUBAYASHI (Mélodie)

Haruki MURAKAMI (Saules aveugles, femme endormie/ Kafka sur le rivage/ Après le tremblement de terre / La ballade de l’impossible)

Ryû MURAKAMI (Love & Pop / Bleu presque transparent / Les bébés de la consigne automatique / Miso soup)

Kenzaburô Oé (Dites-nous comment survivre à notre folie)

Yôko OGAWA (La piscine / La grossesse /La mer)

Hideo OKUDA (Les remèdes du docteur Irabu)

Ryoko SEKIGUCHI(Ce n’est pas un hasard. Chronique japonaise)

*Natsume SOSEKI (Oreiller d’herbes / Je suis un chat/ Petits contes de printemps)

Junichirô TANIZAKI (Le chat, son maître et ses deux maîtresses / Journal d’un vieux fou / Quatre soeurs )

Banana YOSHIMOTO (Kitchen)

Akira YOSHIMURA (Liberté conditionnelle / Naufrages)

Si quelqu’un veut chercher autre chose, il y a une liste énorme ici (par auteur): http://www.plathey.net/livres/japon/japon.html

Bonne lecture!

Naomi

38e canapé littéraire: Les classiques incontournables du XXe siècle

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Qui n’a pas encore entendu parler de « Lolita », du « Petit prince » ou de « Gatsby le magnifique » ? Qui n’est pas conscient de l’importance littéraire d’un Kafka, d’un Proust ou d’un Hemingway ?

Vous connaissez certainement cette situation : vous entendez le nom d’un écrivain, vous le connaissez de nom, vous êtes conscients qu’il ou elle est considéré(e) comme un des auteurs les plus importants du XXe siècle, vous savez peut-être même citer le titre de son œuvre la plus connue parce que vous l’avez déjà vu tant de fois en librairie, vous avez éventuellement même une vague idée de quoi ça parle – mais vous n’avez jamais lu cet incontournable auteur ou livre, et vous vous êtes toujours dit que vous devriez le faire un jour.

Alors, voici une bonne occasion : pour la 38e session du canapé littéraire, nous allons chacun lire un de ces « incontournables », qui sont apparemment une référence pour tout le monde… Et n’ayez pas honte, personne ne les aura lu tous, pour chacun il y aura des titres à découvrir finalement.

Selon le degré de connaissance du livre, on pourra commencer comme d’habitude avec une courte présentation du livre, mais ensuite il sera intéressant cette fois-ci de réfléchir ensemble, si l’œuvre mérite sa célébrité, sur ce qui lui a valu l’admiration à travers le temps, et si on recommande aux autres de le lire rapidement, s’ils ne le connaissent pas encore.

Voici une liste de suggestions, bien sûr non-exhaustive, inspirée par plusieurs listes des 100 livres les plus importants que l’on peut trouver sur internet, notamment celui publié par Le Monde, où la littérature française occupe naturellement une place importante.

Bonne lecture !

Littérature française
Alain-Fournier : Le Grand Meaulnes, 1913
Marcel Proust : À la recherche du temps perdu, 1913-1927
André Gide : Les Faux-monnayeurs, 1925
François Mauriac : Thérèse Desqueyroux, 1927
Louis-Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit, 1932
André Malraux : La Condition humaine, 1933
Albert Camus : L’Étranger, 1942
Albert Camus : La peste, 1947
Antoine de Saint-Exupéry : Le Petit Prince, 1943
Boris Vian : L’Écume des jours, 1947
Marguerite Yourcenar: Mémoires d’Hadrien, 1951
Raymond Queneau : Zazie dans le métro, 1959
Albert Cohen : Belle du Seigneur, 1968
Michel Tournier : Le Roi des aulnes, 1970
Georges Perec : La Vie mode d’emploi, 1978
Marguerite Duras : L’Amant, 1984

Littérature d’autres langues
Joseph Conrad : Au cœur des ténèbres, 1899
James Joyce : Ulysse, 1922
Thomas Mann : La Montagne magique, 1924
Francis Scott Fitzgerald : Gatsby le Magnifique, 1925
Franz Kafka : Le Procès, 1925
Franz Kafka : Le château, 1926
Virginia Woolf: Mrs Dalloway, 1925
William Faulkner : Le Bruit et la Fureur, 1929
Erich Maria Remarque: À l’Ouest, rien de nouveau, 1929
Alfred Döblin : Berlin Alexanderplatz, 1929
Aldous Huxley : Le Meilleur des mondes, 1932
Margaret Mitchell : Autant en emporte le vent, 1936
John Steinbeck : Des souris et des hommes, 1937
John Steinbeck : Les Raisins de la colère, 1939
George Orwell: La Ferme des animaux, 1945
George Orwell : 1984, 1949
J. D. Salinger : L’Attrape-cœurs, 1951
Ernest Hemingway : Le Vieil Homme et la Mer, 1952
William Golding: Sa Majesté des mouches, 1954
Vladimir Nabokov : Lolita, 1955
Jack Kerouac : Sur la route, 1957
Truman Capote: Petit déjeuner chez Tiffany, 1958
Günter Grass: Le tambour, 1959
Harper Lee: Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, 1960
Joseph Heller : Catch-22, 1961
Alexandre Soljenitsyne : Une journée d’Ivan Denissovitch, 1962
Alexandre Soljenitsyne : L’Archipel du Goulag, 1973
Gabriel García Márquez : Cent ans de solitude, 1967
Mikhaïl Boulgakov : Le Maître et Marguerite, 1967
Milan Kundera : La Plaisanterie, 1967
Milan Kundera : L’Insoutenable Légèreté de l’être, 1984
Heinrich Böll : L’Honneur perdu de Katharina Blum, 1974
Italo Calvino: Si par une nuit d’hiver un voyageur, 1979
Umberto Eco : Le Nom de la rose, 1980
John Irving: L’Hôtel New Hampshire, 1981
Salman Rushdie : Les Enfants de minuit, 1981
Salman Rushdie : Les Versets sataniques, 1988
Elfriede Jelinek: La pianiste, 1983
Patrick Süskind : Le Parfum, 1985
Bruce Chatwin: Le Chant des pistes, 1987

Johannes

Séance numéro 37: La métaphysique de la ville

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Je commencerai cette introduction par un concept assez banale: la ville recueille une grande quantité d’êtres humains, c’est pour ça que elle est un concentré des passions les plus différentes et les plus puissantes. La rage, le chagrin, l’amour, la joie, la haine, la tristesse, le désespoir se déclinent dans des combinaisons aussi nombreuses que les hommes qui y habitent.

Dans la littérature, la ville est parfois une simple scénographie où se déroule une histoire ; parfois ces sont les personnages qui tournent en rond pour raconter l’histoire d’une ville imaginaire qui n’existent que pour 100 ans : la Macondo de « Cent ans de solitude » par example. D’autres fois la ville devient personnage vivant et complexe elle-même. Pensez à la Paris de Flaubert dans « L’Education sentimentale » où la foule, les barricades, les rues et même les petits appartements des étudiants pauvres font part de l’histoire et agissent en ensemble avec les protagonistes en les éloignant ou en les aidant vers les désirs. Dans « Le livre noir » de Pamuk, une Istanbul philosophique cache secrets mystérieux, passés oubliés, des drames inavoués et personnes aimées.

D’autres fois, la ville est protagoniste elle-même et l’homme n’est qu’une comparse, une petite fourmi qui s’acharne pour trouver un sens à une ville qui est la ville parfaite, idée de la ville dans le monde des idées, miroir parfait de l’âme humaine et da la imperfection humaine, comme les villes invisibles de Calvino ou la ville des Immortèles (« L’Immortèle » de Borges) qui, en contact avec la ville aux architectures horriblement parfaites, se sont éloignés du monde physique et ont perdu l’usage de la parole, en devenant comme ça des abroutis.

Pour ce Canapé, je vous propose de réfléchir à la ville en tant que lieu métaphasique, miroir parfait (ou bien imparfait, à découvrir) des imperfections humaines, des passions, de l’intelligence, de la pourriture, de la magnificence dont l’être humain est capable. Grace à votre lecture (et celles du passé), je voudrais vous demander de construire votre idée de ville, votre ville métaphasique, celle qui n’existe que dans le monde des idées, celle qui pourrait faire partie des villes invisibles à raconter à Kublai Khan. Si votre choix de livre n’est pas conforme avec votre ville idéale, vous pourrez vous en servir par opposition ou comparaison. N’hésitez pas à écrire deux ou trois lignes (pas dix tomes de 500 pages mais deux ou trois lignes !) avec les caractéristiques de votre ville idéale, ou à tracer sur un papier le plan de cette ville, ou bien à remmener un objet, une photo de ce que pour vous représente la cité invisible. Après ce voyage parmi les idées, il faudra retourner sur terre… et pour cela faire, il faudra qu’à partir de votre cité invisible, vous choisissez une ville réelle qui se rapproche à votre métaphysique.

J’espère que vous vous amuserez avec ce petit jeu d’abstraction ! et ne vous inquiétez pas, je vais vous aider lors de la séance ! Merci de trouver ici quelques idées de lecture – très peu d’ailleurs – mais comme toujours je compte sur vos suggestions à ajouter en commentaire à ce post.

Bagheria, Dacia Maraini

Costantinopoli, Edmondo De Amicis

Istanbul, Orhan Pamuk

La scène londonienne, Virginia Woolf

La trilogie new-yorkaise, Paul Auster

L’Education sentimentale, Flaubert

Le livre Noir, Orhan Pamuk

Le ventre de Paris, Emile Zola

Les gens de Dublin, James Joyce

Les villes invisibles, Italo Calvino

L’Immortel, nouvelle paru dans l’Aleph, Jeorge Luis Borges

Lisbonne, Fernando Pessoa

Nouvelles de Pétersbourg, Nicolas Gogol

Romanzo Criminale, Giancarlo De Cataldo

Rue des boutiques obscures, Patrick Modiano

Secrets parisiens, Joseph Kessel

Storie dalla città eterna, plusieurs auteurs

Utopie, Thomas More

Zazie dans le metro, Rauymond Queneau

 

Bonne lecture

Flavia

Quelques suggestions pour évaluer les romans

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L’écrivain norvégien, Jan Kjærstad a récemment proposé quelques critères pour réflechir (voir évaluer) les romans… (dans le journal Information du 30.1.16). Je les a trouvé intéressantes et avait alors envie de vous les proposer pour la prochaine Canapé (sans obligation aucune!). Voici les cinq critères, avec une très courte description ainsi que des examples du livres donnée dans le text du Kjærstad:
1. La capacité du roman de poser des questions pertinentes (spørgekraft): la force de son réflexion, sa force cognitive. (e.g. Doctor Faustus,Thomas Mann; Terra Nostra, Carlos Fuentes; Le Don du Humboldt, Saul Bellow; Le Carnet d’Or, Doris Lessing).
2. L’étrangeté du roman (besynderlighed): cela peut aller jusq’au malaise. (e.g. Le processus, Kafka; Le Parfum, Süskind; American Psycho, Brett Easton Ellis; L’Exception, Christian Jungersen; La passion selon G.H., Clarice Lispector; L’Etranger, Albert Camus; Genspejlet, Sven Åge Madsen – Pas Traduit en Français).
3. L’originalité: le capacité du roman de rompre notre nôtres habitudes de réflexion/de bousculer notre pensé pour nous faire voire autre chose/autrement. (e.g. L’Innomable, Beckett; le plus part des romans de Janet Frames; Mon nom est Rouge, Orphan Pamuk; Orlando, Woolf; Brummstein, Adolphsen – PTF).
4. La capacité du roman de rester avec le lecteur après la lecture (efterglød – très difficile à traduire…) même si au moment du lecture le livre nous n’avait pas plut, ou donnait une impression tout à fait éphémère…(e.g. Les Amants du Spoutnik, Haruki Murakami; Hus of Hjem, Helle Helle – PTF).
5. Faiblesse/fragilité (svaghed/skrøbelighed): que il y a quelques failles ou un fragilité dans la construction d’oevre puisse peut être lui rendre encore plus attachant/saisissant. (e.g. le plus part des romans de Thomas Bernhard, et du Italo Calvino; Moby Dick, Herman Melville; Azorno, Inger Christensen).
Pernille